Der Spiegel a révélé que plus de 50 000 habitants de l'ex-RDA ont servi de cobayes inconscients à des laboratoires pharmaceutiques occidentaux entre 1949 et 1990. Ce scandale n'est malheureusement pas isolé dans l'histoire de la recherche clinique.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel a dévoilé que des firmes pharmaceutiques occidentales ont versé jusqu'à 800 000 marks ouest-allemands (environ 400 000 euros) par étude à plus de 50 hôpitaux de RDA pour tester des médicaments sur des patients non informés. Plusieurs sujets en sont décédés, comme deux patients à Magdebourg sous Seprapil ou 30 prématurés à Berlin recevant de l'EPO. Au total, plus de 600 essais ont été conduits, sans consentement des patients.
Ce cas n'est pas unique. Voici d'autres exemples emblématiques d'expériences médicales contraires à l'éthique.
Le Code de Nuremberg
Josef Mengele, l'« ange de la mort », a mené des expériences atroces sur des prisonniers nazis : exposition au froid mortel, chambres à vide, amputations, injections pour changer la couleur des yeux. En réponse, le Code de Nuremberg (1947) a posé les bases du consentement éclairé volontaire et informé.
En 1964, la Déclaration d'Helsinki de l'Association médicale mondiale (AMM) a renforcé ces principes, bien qu'ils ne soient pas contraignants juridiquement. Mise à jour en 2008, elle priorise la protection des patients.
Propagation délibérée de MST au Guatemala
Dans les années 1940, des chercheurs américains ont infecté plus de 1 300 Guatémaltèques (soldats, prisonniers, handicapés mentaux, enfants) avec syphilis, gonorrhée et chancre mou, sans consentement. 83 en sont morts. Révélé en 2010, ce scandale a valu des excuses officielles des États-Unis.

John Cutler, impliqué, testa la pénicilline via ponctions lombaires et contacts avec prostituées infectées. Des cas comme Berta, infectée syphilis puis gonorrhée, illustrent l'horreur.
L'étude de Tuskegee : syphilis non traitée
De 1932 à 1972, 399 hommes noirs pauvres à Tuskegee (Alabama) ont été suivis sans traitement, même après découverte de la pénicilline. 128 morts, infections familiales. Révélée dans les années 1970, elle a conduit à des réformes et excuses de Bill Clinton en 1997.
Expériences en Afrique
En Afrique, les vulnérabilités persistent. Au Zimbabwe (1994-1998), 17 000 femmes ont testé l'AZT anti-VIH sans comprendre les placebos ; ~1 000 bébés infectés malgré des alternatives existantes.
À Kano (Nigeria, 1996), Pfizer testa Trovan sur 100 enfants méningitiques sans autorisation, causant 5 morts et séquelles graves. Scandale révélé en 2000.

Réglementation stricte aujourd'hui
En Occident, le consentement éclairé est obligatoire. Des comités d'éthique indépendants évaluent les essais (délai max. 60 jours). Phase I nécessite données précliniques. Volontaires sains informés, rémunérés justement, avec périodes d'exclusion via base VIP. Aux États-Unis, contrôles moins stricts.
Accidents rares mais possibles
Même avec régulation, des incidents surviennent. En 2006 à Londres, TGN1412 causa des défaillances multi-organes chez 6 volontaires (amputations pour un). En 2001 à Johns Hopkins, Ellen Roche mourut d'hexaméthonium inhalé.
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