Des chercheurs de la KU Leuven et d'autres institutions ont identifié à Cuba une variante du VIH exceptionnellement rapide et agressive.

Une progression fulgurante vers le SIDA
Les patients infectés par cette souche développent le SIDA en seulement trois ans, souvent avant même de connaître leur séropositivité.
Anne-Mieke Vandamme, microbiologiste à la KU Leuven, a participé à une étude internationale analysant le sang de 73 patients cubains récemment infectés par le VIH. Ces échantillons ont été comparés à ceux de 22 patients ayant progressé normalement vers le SIDA.
Dans une progression "normale", le VIH utilise d'abord le co-récepteur CCR5 sur les cellules, avant de passer des années plus tard à CXCR4, accélérant alors l'évolution vers le SIDA.
Cette variante cubaine bascule précocement vers CXCR4, la rendant particulièrement dangereuse. Les chercheurs ont observé des niveaux élevés de RANTES, une molécule de défense immunitaire, qui occuperait les récepteurs CCR5, forçant le virus à utiliser CXCR4 dès le départ.
Combinaison de sous-types viraux
La virulence s'expliquerait par une combinaison de sous-types du VIH, dont l'un possède une protéase ultra-efficace favorisant une réplication rapide. Les rapports sexuels non protégés avec multiples partenaires pourraient favoriser l'émergence de cette forme.
Les résultats ont été publiés dans la revue EBioMedicine en 2020.