De nombreuses études démontrent que les enfants élevés dans des fermes bovines présentent un risque réduit d'allergies et d'asthme. Des chercheurs de l'Université de Gand et de l'Institut flamand de biotechnologie (VIB) ont élucidé le mécanisme de cet effet protecteur, comme rapporté dans la revue Science.

Les scientifiques ont exposé des souris pendant deux semaines à de l'air d'élevage riche en endotoxines, composés des parois cellulaires bactériennes. Elles ont ensuite inhalé des acariens, déclencheurs courants d'allergies chez l'humain. Les souris préalablement exposées à l'air de ferme n'ont montré aucune réaction allergique, contrairement au groupe témoin.
Les allergies et l'asthme résultent d'une réponse immunitaire exagérée à des allergènes comme les acariens ou le pollen, entraînant une inflammation des voies respiratoires. Les endotoxines de l'air fermier incitent les cellules épithéliales pulmonaires à produire moins de médiateurs pro-inflammatoires. « La protection complète contre les allergies aux acariens chez les souris confirme l'effet préventif de la poussière de ferme contre l'asthme et les allergies », explique l'immunologiste Bart Lambrecht, expert en la matière.
Les chercheurs ont aussi identifié l'enzyme A20 comme clé de cet effet protecteur. Chez des patients asthmatiques, les cellules pulmonaires montrent des réactions inflammatoires accrues et des niveaux d'A20 réduits après exposition à l'endotoxine, contrairement aux cellules saines.
« Dans une étude antérieure sur 2 000 enfants de fermiers, ceux développant des allergies malgré tout portaient une variante défectueuse du gène A20 », précise Lambrecht. « Comprendre ce mécanisme ouvre la voie à des vaccins mimant l'effet protecteur de la poussière de ferme. »
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