L'inflammation du tractus gastro-intestinal déclenche la production d'une protéine clé impliquée dans la maladie de Parkinson.

Les patients atteints de la maladie de Parkinson présentent fréquemment des troubles intestinaux tels que douleurs abdominales, inflammation et constipation. De nombreuses études indiquent que ces symptômes ne sont pas fortuits et que des dysfonctionnements intestinaux pourraient précéder et favoriser les atteintes cérébrales. Des chercheurs américains démontrent que l'inflammation de l'œsophage, de l'estomac ou du duodénum active le système immunitaire et stimule la protéine alpha-synucléine (αS) dans les nerfs environnant l'intestin. Son accumulation dans le cerveau forme les corps de Lewy, caractéristiques de la maladie de Parkinson, responsables des troubles moteurs.
Les scientifiques ont analysé des biopsies intestinales prélevées chez 42 enfants souffrant d'inflammation gastro-intestinale. Une corrélation claire a été observée : plus la quantité d'αS était élevée, plus l'inflammation était sévère. De plus, un afflux de globules blancs a été noté près de ces protéines, essentiels à la réponse immunitaire et à la résolution de l'inflammation. L'αS pourrait ainsi représenter une réaction protectrice normale du système immunitaire, attirant les anticorps pour combattre l'infection.
Cependant, une hyperactivation immunitaire et une surproduction d'αS rendent la protéine toxique. Elle peut alors migrer via les neurones intestinaux jusqu'au système nerveux central et au cerveau. Des études antérieures confirment une présence accrue d'αS dans l'intestin chez les patients parkinsoniens aux stades précoces, avant même les signes cérébraux. L'équilibre microbien intestinal (bactéries et champignons) joue un rôle crucial : un déséquilibre peut initier l'inflammation.
Ces résultats expliquent les troubles intestinaux précoces chez les patients parkinsoniens. Les chercheurs testent actuellement un médicament visant à réduire à la fois la constipation et les niveaux d'αS intestinaux.
Les découvertes ont été publiées dans le Journal of Innate Immunity.
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