L'importance d'une santé bucco-dentaire optimale est mise en lumière par une récente étude établissant un lien entre les maladies parodontales et le déclin cognitif.
« Les chercheurs concluent que les personnes souffrant de maladie parodontale chronique présentent un risque 70 % plus élevé de développer la maladie d'Alzheimer. Ce chiffre semble élevé, mais il ne concerne qu'environ 1 % de la population. »
Cette étude, menée à Taïwan, a analysé les données d'un million de ressortissants via le Programme national d'assurance maladie, couvrant 99 % de la population, pour la période 2006-2013.
Parmi ces participants âgés de plus de 50 ans, deux groupes ont été comparés : 9 291 personnes diagnostiquées avec une parodontite chronique (inflammation persistante des tissus de soutien dentaire, touchant environ 30 % de la population sous forme bénigne) et 18 672 sujets témoins du même âge et sexe, sans parodontite.
Les résultats montrent que 1,24 % du groupe parodontite ont développé Alzheimer, contre 1,11 % dans le groupe contrôle. La différence significative apparaît uniquement pour les cas de parodontite évoluant depuis au moins 10 ans : le risque est alors multiplié par 1,7 (soit +70 %).
Cette recherche suggère un lien entre problèmes gingivaux et démence, mais présente des limites : l'échantillon ne représente que 4,5 % de la base de données disponible ; absence d'informations sur les traitements ; nature rétrospective limitant le contrôle des diagnostics et biais potentiels (ex. : causalité inversée, où Alzheimer non diagnostiqué favoriserait la parodontite via une hygiène négligée).
Des études prospectives à plus grande échelle sont nécessaires. En attendant, une hygiène dentaire rigoureuse (brossage, fil dentaire) reste essentielle pour prévenir parodontite, pertes dentaires, abcès et ulcères.
Cette publication renforce l'hypothèse d'une connexion entre santé bucco-dentaire et déclin cognitif, tout en appelant à la prudence faute de preuves causales définitives.
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