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Stimulation du nerf vague : une alternative prometteuse aux médicaments pour les maladies chroniques

Les électroceutiques ont une longue histoire en médecine, avec des exemples comme les stimulateurs cardiaques et les implants cochléaires. L'une de ces approches est sur le point de gagner en polyvalence pour améliorer la prise en charge d'un large éventail de pathologies.

L'appareil envoie des signaux au nerf vague, un nerf crânien qui transmet des impulsions du tronc cérébral vers la plupart des organes dans les deux sens.

De nouvelles applications de la stimulation du nerf vague (VNS) ont été rendues possibles grâce aux travaux de Kevin Tracey et de ses collègues du Feinstein Institute for Medical Research. Ils ont démontré que le nerf vague sécrète des substances chimiques régulant le système immunitaire. La libération d'un neurotransmetteur spécifique dans la rate calme les cellules immunitaires impliquées dans l'inflammation corporelle. Ces découvertes montrent que la VNS peut traiter des affections non liées à une altération électrique, comme les troubles auto-immuns et inflammatoires. Cela représente un espoir majeur pour ces patients, car les médicaments actuels sont souvent inefficaces ou provoquent de graves effets secondaires. La VNS est mieux tolérée, car elle cible un nerf spécifique, contrairement aux médicaments qui diffusent dans tout l'organisme et risquent de perturber d'autres tissus.

Les études sur les applications anti-inflammatoires sont encourageantes. Les dispositifs VNS de SetPoint Medical (co-fondée par Tracey) ont prouvé leur innocuité chez l'humain pour la polyarthrite rhumatoïde, qui cause une inflammation douloureuse et déformante des articulations, et la maladie de Crohn, qui inflamme les organes digestifs. Des essais supplémentaires sont en cours pour ces deux maladies. Cette approche électroceutique est aussi explorée pour les maladies cardiovasculaires, le syndrome métabolique, la démence, les maladies auto-immunes comme le lupus (où le nerf vague est moins actif), et la prévention du rejet de greffes.

La plupart des stimulateurs VNS, y compris ceux de SetPoint et ceux déjà approuvés pour l'épilepsie ou la dépression, sont implantables. L'appareil est placé sous la peau sous la clavicule, avec des fils enroulés autour d'une branche du nerf vague, délivrant des impulsions électriques programmables via une baguette magnétique externe. Actuellement de 3,8 cm de diamètre, ces implants devraient rétrécir et devenir plus faciles à programmer.

Des stimulateurs VNS non invasifs et portables, destinés aux céphalées en grappe et migraines, ont été approuvés par la FDA, bien que leur mécanisme exact reste incertain. Ces appareils appliquent de légers chocs électriques à travers la peau du cou ou de l'oreille.

Le nerf vague n'est pas le seul cible. Fin 2017, la FDA a approuvé un dispositif non implantable pour le sevrage opioïde, stimulant via la peau derrière l'oreille les nerfs crâniens. Chez 73 patients, les symptômes ont diminué d'au moins 31 %.

Le coût des implants et de la chirurgie freine l'adoption, mais devrait baisser avec le temps. D'autres défis persistent : mieux comprendre l'impact de la VNS sur chaque maladie, optimiser les schémas de stimulation et éviter les effets sur les nerfs voisins.

Malgré cela, avec davantage d'études, la VNS et les électroceutiques pourraient cibler un large spectre de maladies chroniques, libérant des millions de patients des médicaments.


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