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L’expérimentation animale est-elle indispensable à la recherche biomédicale ?

Peut-on se passer des animaux de laboratoire ? Liesbeth Aerts, de l’Infopunt Animal Research, en est convaincue : non. « Les tests sur animaux sauvent des vies. »

En tant que scientifiques, nous veillons scrupuleusement au bien-être animal et comprenons parfaitement les préoccupations sociétales sur l’expérimentation animale. Celle-ci est strictement réglementée, éthiquement encadrée et autorisée uniquement en l’absence d’alternatives. Les chercheurs rendent systématiquement compte de leurs protocoles et de leur justification, mais les bénéfices pour tous sont parfois occultés.

Le Prix Nobel de médecine 2018, par exemple, a récompensé deux découvertes révolutionnaires en immunothérapie anticancéreuse, issues d’expériences sur souris. Ce traitement active le système immunitaire pour cibler les cellules tumorales et pourrait sauver un cinquième des patients cancéreux.

Le vaccin contre Ebola, qui a stoppé l’épidémie dévastatrice d’Afrique de l’Ouest (plus de 10 000 morts entre 2014 et 2016), repose aussi sur des tests animaux. L’OMS espère ainsi prévenir de futures crises majeures.

Dire que l’expérimentation animale est « totalement inutile » est inexact, même si tous les résultats chez l’animal ne se transposent pas à l’humain.

Remplaçable ?

Les opposants ne rejettent pas forcément les progrès médicaux. Beaucoup affirment que les tests animaux sont « facilement remplaçables », par paresse ou motifs financiers.

Cette vision ignore la réalité : les animaux de laboratoire sont coûteux et chaque projet éthique est minutieusement évalué. Les modèles animaux, comme les alternatives, ont leurs limites – similitudes et différences avec l’humain obligent.

Le bien-être animal prime, et nous investissons massivement dans les alternatives. Des modèles humains réduisent les tests animaux, soutenus par des initiatives comme ProefdierVrij, en partenariat avec scientifiques, entreprises et gouvernements.

Les simulations informatiques avancées modélisent désormais des organes entiers, déjà utilisées pour les tests chimiques, limitant ainsi les expérimentations courantes.

Dans la recherche fondamentale, des progrès majeurs émergent : la Chan Zuckerberg Initiative a investi 1 million de dollars dans une puce cérébrale artificielle pour la maladie de Parkinson, développée à Louvain avec des cellules humaines saines ou malades.

Lorsqu’une alternative existe, son usage est obligatoire. Hélas, toutes les recherches ne peuvent s’en passer.

Quelle voie suivre ?

Nous ne pourrons peut-être jamais éliminer totalement les tests animaux. Reste à les réduire, affiner et remplacer autant que possible. Aucun chercheur n’y recourt de gaieté de cœur.

Le dialogue ouvert est essentiel face aux malentendus, que nous avons parfois alimentés en évitant le sujet. Partisans et opposants doivent débattre des problèmes et solutions.

À l’occasion de la Journée mondiale des animaux de laboratoire, engageons cette conversation et mesurons l’impact de ces recherches sur nos vies.

Pour un monde sans souffrance animale, soutenez les chercheurs vers une santé améliorée pour animaux et humains.

Infopunt Laboratory Animal Research informe le public de manière nuancée sur la recherche animale, combat les idées reçues et promeut un débat éclairé. Une initiative flamande unique et durable.


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