Des chercheurs chinois ont analysé un cluster de 10 cas de COVID-19 survenus chez trois familles qui déjeunaient le 24 janvier 2020 dans un restaurant de Guangzhou. Aucune n'était infectée au début du repas. Plus tard, un membre d'une famille, arrivé la veille de Wuhan, a développé toux et fièvre. Confirmé positif au SARS-CoV-2, il était asymptomatique lors du déjeuner. Quatre autres membres de sa famille, ainsi que trois personnes d'une table adjacente et deux d'une autre, ont été infectés. La distance entre les tables dépassait un mètre.
Les échantillons prélevés sur le système de climatisation (trois à l'entrée d'air, trois à la sortie) se sont révélés négatifs au coronavirus. Pourtant, les chercheurs concluent que le flux d'air généré par la clim a probablement transporté les gouttelettes infectieuses d'une table à l'autre, en l'absence de tout contact direct entre les familles.
Le patient zéro de Wuhan est vraisemblablement la source primaire. Les infections au sein de sa famille pourraient résulter de contacts multiples, mais la propagation inter-tables reste à expliquer. Le SARS-CoV-2 se transmet principalement par gouttelettes émises lors de toux ou éternuements. Les grosses gouttelettes (>5 micromètres) voyagent moins d'un mètre ; les plus fines (<5 micromètres) un peu plus loin. Une distance de 1,5 mètre est généralement protectrice.
Sur 91 visiteurs ce jour-là (dont 8 employés), tous placés en quarantaine 14 jours, seuls les 10 occupants des tables concernées ont été infectés. Cela suggère que la clim n'a pas contaminé l'ensemble du restaurant, mais que son flux d'air a projeté les gouttelettes au-delà de la distance habituelle. Les auteurs recommandent d'espacer les tables et de contrôler la température des clients.
Dans ce restaurant chinois, 10 personnes ont été infectées par un porteur asymptomatique assis à une table adjacente. Aucune trace de virus dans la clim, mais son flux d'air a likely étendu la portée des gouttelettes contaminées.
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