Les bébés nés prématurément présentent un risque accru de retard langagier à long terme. Une exposition plus importante au langage dès les premières semaines de vie exerce un effet positif sur leur développement ultérieur.

Les prématurés exposés à plus de langage développent mieux leur parole. Selon une étude récente menée par une équipe de chercheurs américains et publiée dans la revue médicale Pediatrics, une stimulation linguistique précoce est bénéfique.
L'apprentissage du langage débute in utero, particulièrement à partir de la 32e semaine de gestation, lorsque le cerveau fœtal connaît un développement accéléré. Les naissances prématurées avant ce stade augmentent les risques de troubles du développement, y compris langagiers. Écouter la voix maternelle représente une étape clé de cette acquisition.
Dans les unités de soins intensifs néonatals (USIN), les prématurés reçoivent bien moins d'apports linguistiques que les fœtus in utero. Ils sont davantage exposés aux bips des moniteurs et à de longs silences. L'hypothèse d'un impact négatif de cette faible stimulation linguistique est désormais confirmée : la quantité de langage fait une réelle différence.
Conversations et interactions précoces
L'étude de Melinda Caskey et ses collègues démontre pour la première fois cet effet positif. 36 nourrissons prématurés ont été suivis dans un hôpital du Rhode Island dès la 32e semaine. Vêtus de vêtements spéciaux équipés d'enregistreurs, 16 heures de discours ont été capturées aux semaines 32 et 36.
Les enregistrements incluaient non seulement la parole des adultes, mais aussi les « conversations » : réponses adultes aux sons des bébés (hors respiration ou éructations).
À 7 et 18 mois, des tests standardisés (Bayley-III) ont évalué langage et cognition. Les scores moyens étaient inférieurs à la norme, mais corrélés positivement à l'exposition linguistique précoce. Pour 100 mots supplémentaires par heure entendus, les enfants gagnaient 2 points au test à 18 mois.
Indépendance du niveau d'instruction parental
Contrairement à d'autres recherches, aucun lien n'a été observé entre apport linguistique et éducation parentale. Dans les USIN, des facteurs comme le nombre d'enfants, la mobilité ou le personnel soignant influencent plus la présence parentale. Certaines infirmières interagissent davantage avec les bébés.
Ces résultats confirment une corrélation positive entre exposition linguistique précoce et développement langagier. Toutefois, un excès de bruit peut surstimuler les prématurés. Des études futures détermineront l'équilibre optimal entre stimulation et repos auditif.
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