Notre cerveau pourrait théoriquement tripler de volume, atteignant deux à trois fois sa taille actuelle.

Il y a environ 2,5 millions d'années, le volume cérébral de nos ancêtres a triplé en un temps relativement court. Depuis, peu de changements ont eu lieu. Pourrions-nous continuer à évoluer vers des cerveaux plus volumineux et donc plus intelligents ? Quelle est la limite de cette croissance ?
Le neuroscientifique Michel Hofman, du Netherlands Brain Institute, a modélisé cette question. Les cerveaux des mammifères partagent une architecture similaire, qui évolue peu malgré l'augmentation du nombre de cellules et de connexions. Cependant, cette croissance a des limites physiques.
Les connexions neuronales sont clés : optimiser leur disposition (en regroupant les cellules ou en plissant davantage le cortex) réduit la longueur des fibres, mais cela n'est pas infini. Des modélisations indiquent un volume maximal de 3 500 cm³, soit environ 3,5 kg. Au-delà, le nombre de connexions ne suit plus l'augmentation des cellules, entraînant un "embouteillage" neuronal, selon Hofman dans son étude publiée en 2020 dans Frontiers in Neuroanatomy. "Le câblage croît plus vite que les cellules nerveuses, isolant certaines zones et limitant les capacités cognitives."
Certains mammifères, comme les éléphants, ont des cerveaux plus grands, mais organisés différemment avec moins de neurones corticaux, évitant cette limite chez les primates.
D'autres contraintes (énergie, refroidissement, taille crânienne à la naissance) pourraient être surmontées : vaisseaux sanguins plus efficaces, développement cérébral prolongé post-puberté.
Cependant, Hofman doute d'une telle évolution : "La technologie crée des 'cerveaux externes'. Notre mémoire est externalisée sur ordinateur, et les connaissances se transmettent instantanément. L'évolution culturelle surpasse la biologique." (lg)
Découvrez dans le numéro de juin de Psyche&Brain (à paraître) un dossier complet sur l'évolution du cerveau, avec Michel Hofman.
[]