Des recherches sur des rats révèlent qu'un léger stress infantile peut être une expérience bénéfique et renforcer la résilience.

La combinaison d'une prédisposition génétique à la dépression et d'une exposition au stress durant l'enfance accroît généralement le risque de développer une dépression à l'âge adulte. Pourtant, des études montrent que ce n'est pas systématique : un stress modéré peut au contraire être une expérience positive.
Pour évaluer si une enfance légèrement stressante renforce la résistance au stress, Rick van der Doelen, chercheur au Radboud UMC, a étudié des rats présentant une activité réduite du gène 5-HTT. Ce gène régule l'absorption de la sérotonine, l'hormone du bien-être qui influence l'humeur. Une dysfonction entraîne une vulnérabilité accrue à la dépression.
Van der Doelen a suivi les rats de la naissance à l'âge adulte. Les nouveau-nés ont été divisés en deux groupes : l'un a été régulièrement séparé de sa mère pendant plusieurs heures, l'autre non. Contre toute attente, les rats stressés modérément se sont révélés plus résistants au stress à l'âge adulte, contrairement aux théories classiques.
Selon le chercheur, ces résultats démontrent que l'activité réduite du gène 5-HTT amplifie non seulement la sensibilité aux effets négatifs du stress, mais aussi à ses effets positifs. (ev)