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Perception de la multiculturalité dans le quartier : un frein à la tolérance envers les minorités ?

La diversité réelle dans notre quartier influence peu nos attitudes envers les minorités. En revanche, la façon dont nous percevons cette diversité joue un rôle clé.

Perception de la multiculturalité dans le quartier : un frein à la tolérance envers les minorités ?

Ce n'est pas la diversité objective qui détermine nos opinions sur les minorités, mais notre perception subjective de celle-ci, selon une nouvelle étude. Les personnes estimant leur quartier très multiculturel peinent davantage à l'accepter, surtout si celui-ci est en déclin.

Des chercheurs de l'Université de Sheffield ont analysé le lien entre attitudes envers les minorités et diversité perçue ou réelle dans les quartiers. L'étude a interrogé 1 036 habitants à Leeds (Royaume-Uni) et 1 179 à Varsovie (Pologne).

La diversité mesurée objectivement avait peu d'impact, mais la perception subjective en avait un significatif et négatif. Une diversité perçue comme élevée corrélait avec plus de préjugés envers les minorités ethniques, tant à Leeds qu'à Varsovie.

Les habitants de quartiers très diversifiés affichaient une opinion favorable envers les immigrés et réfugiés.

À l'inverse, la diversité réelle comptait moins. À Leeds, les résidents de quartiers à forte proportion de Britanniques de couleur étaient plus tolérants. Les plus ouverts vivaient dans des zones ethniquement mixtes, sans pour autant les percevoir ainsi. À Varsovie, les résultats étaient nuancés, mais montraient que percevoir une homogénéité comme diverse augmentait les rejets.

"Les habitants de quartiers multiculturels de Leeds, et ceux ayant des contacts quotidiens avec des minorités à Leeds et Varsovie, sont plus tolérants envers elles", explique Aneta Piekut, chercheuse à l'Université de Sheffield. "Ceux qui 'voient' leur quartier comme diversifié, qu'il le soit ou non, sont plus biaisés."

Impact des changements récents et du déclin perçu

Les évolutions récentes influencent aussi les opinions. Les plus préjugés vivaient dans des quartiers à afflux récent de minorités et/ou perçus en déliquescence, comme avec la construction de logements sociaux.

Les chercheurs, publiés dans la European Sociological Review, ne tirent pas de conclusions définitives mais invitent à discuter des raisons de ces perceptions variées, selon Aneta Piekut. (tn)

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