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Écoles à majorité féminine : risque doublé de troubles alimentaires chez les adolescentes

Les parents hautement éduqués augmentent également ce risque.

Écoles à majorité féminine : risque doublé de troubles alimentaires chez les adolescentes

Dans les écoles où trois quarts des élèves sont des filles, le risque de troubles alimentaires est deux fois plus élevé que dans celles comptant un quart de filles. Les parents très instruits accroissent ce risque.

Il est établi que les filles présentent un risque significativement plus élevé de troubles alimentaires, tels que l'anorexie et la boulimie, comparé aux garçons. De même, les parents hautement éduqués constituent un facteur de risque supplémentaire. Des chercheurs suédois ont examiné l'impact des écoles, certaines affichant nettement plus de cas que d'autres. Pour cela, ils ont analysé les données de 55 059 adolescentes scolarisées dans des lycées de Stockholm.

Les informations sur ces filles ont été croisées avec celles relatives aux parents (niveau d'éducation) et aux écoles (proportion de filles). Parmi les participantes, 2,4 % souffraient d'un trouble alimentaire diagnostiqué en clinique spécialisée. La répartition montre un risque accru dans les établissements à forte proportion féminine : pour chaque 10 % de filles supplémentaires, le risque individuel augmente de plus de 10 %.

Chez les filles de parents très instruits, le risque croît également de 10 %. Le risque minimal se observe dans les écoles à 25 % de filles avec parents moins éduqués ; il double dans celles à 75 % de filles et parents diplômés. Cette étude est la première à identifier ces facteurs environnementaux scolaires.

Que retenir de cette étude ?

Cette recherche suédoise éclaire la distribution des troubles alimentaires en lycée, sans toutefois en élucider les mécanismes. La compétition accrue entre filles ? Une pression sociale plus forte vers l'idéal corporel ? Les parents instruits exercent-ils une pression plus intense ou détectent-ils plus tôt les signes ?

Les troubles alimentaires comme l'anorexie sont multifactoriels : génétique, personnalité (perfectionnisme), entourage scolaire, familial et amical jouent un rôle clé. L'environnement peut parfois amplifier les vulnérabilités.

Conclusion

Le risque de troubles alimentaires est plus élevé dans les lycées à prédominance féminine et chez les filles de parents très éduqués. Cette étude suédoise ouvre des pistes sans en expliquer les causes profondes.

Références

(1) Bould H, De Stavola B, Magnusson C, et al. The influence of school on the development of eating disorders in girls. International Journal of Epidemiology. Publié en ligne le 20 avril 2016.

(2) https://www.nhs.uk/news/2016/04April/Pages/Attending-all-girl-school-linked-to-increased-risk-of-eating-disorders.aspx


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