Les patients psychiatriques recourent trop souvent à l'isolement, une pratique qui peut entraîner des lésions cérébrales irréversibles.

Selon le journal De Standaard, les patients en psychiatrie sont fréquemment placés à l'isolement ce week-end. Cette mesure peut causer des dommages cérébraux permanents.
Dans six des quinze rapports d'inspection consultés par le journal, il est noté que des patients sont isolés ou attachés trop souvent, trop rapidement ou trop longtemps. En 2016, le Conseil supérieur de la santé rapportait les chiffres d'un hôpital psychiatrique wallon : 1 patient sur 10 est isolé en moyenne 12 heures.
Les recherches démontrent toutefois que l'isolement n'apporte aucune valeur thérapeutique claire et peut être traumatisant. Les patients se sentent dominés, abandonnés et punis. Le Conseil supérieur de la santé préconise donc son usage uniquement en cas exceptionnels.
En prison également, les détenus sont régulièrement isolés, parfois pendant des mois ou des années aux États-Unis. Aucune donnée précise n'existe pour la Belgique.
Un tel environnement sous-stimulé perturbe gravement le cerveau, provoquant hypersensibilité, intolérance aux sons, délires, psychoses, hallucinations (comme des insectes rampant sur la peau), crises de panique, automutilations ou tentatives de suicide.
Même après libération, les ex-détenus longtemps isolés restent désorientés, mal adaptés socialement et hypersensibles. Des études confirment des lésions cérébrales permanentes : chez les souris isolées, les cellules cérébrales sont plus simples avec moins d'interconnexions que chez celles en contact social. (lg)

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