Le harcèlement ne se limite plus à la cour d'école. Le cyberharcèlement, souvent anonyme, est en pleine expansion sur Internet, rendant les interventions difficiles.
La Semaine contre le harcèlement se déroule aux Pays-Bas jusqu'au 22 septembre. Avec la montée des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram et Snapchat, l'intimidation dépasse les limites physiques de l'école ou du gymnase pour envahir smartphones et ordinateurs. Exemples courants : publication ou partage de photos/vidéos humiliantes, envoi de messages menaçants. Selon Statistics Netherlands (CBS), 11,4 % des jeunes de 15 à 18 ans sont victimes de cyberharcèlement.
De nombreuses études récentes confirment un lien fort entre harcèlement traditionnel et cyberharcèlement : les agresseurs offline agissent souvent en ligne, et les victimes hors ligne le sont aussi virtuellement. Ces phénomènes s'étendent mutuellement.
Comme le harcèlement offline, le cyberharcèlement entraîne de graves conséquences : dépression, troubles psychosomatiques et faible estime de soi chez les victimes.
Contrairement au harcèlement traditionnel, le cyberharcèlement est souvent anonyme grâce à des faux comptes. Les victimes ignorent l'identité de leur agresseur, ce qui amplifie la peur et complique les recours. Selon le CBS, un tiers des victimes ignore l'auteur.
De plus, les publications en ligne sont vues anonymement, donnant aux victimes l'impression d'une exposition massive à leur entourage.
Selon Dan Olweus, expert suédois, le harcèlement implique une répétition. Offline, c'est clair ; en ligne, une unique publication partagée massivement ou persistante sur Internet (même après suppression) prolonge l'impact durablement.
En ligne, agresseurs et victimes ne se voient pas, ignorant les réactions émotionnelles. Cela pousse les cyberharcélers à aller plus loin qu'offline.
Les agresseurs cherchent approbation publique : offline via rires, en ligne via likes, partages et réactions différés.
L'anonymat et l'ignorance des adultes des plateformes compliquent la lutte. Règles et surveillance stricte s'avèrent peu efficaces.
La clé : discussions ouvertes, sans jugement, sur l'usage d'Internet. Les enfants parlent plus si ils se sentent soutenus et écoutés.
Parents et écoles doivent collaborer : débats en classe pour établir des règles partagées, régulièrement rappelées.
Sur www.weektegenpesten.com, découvrez des conseils pratiques contre le cyberharcèlement.
Beau Oldenburg est chercheur en sociologie à l'université de Groningue, spécialiste du harcèlement scolaire.
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