Dès 2020, les patients psychiatriques néerlandais peuvent être contraints à des traitements à domicile, en plus des admissions en établissement. Quels sont les bénéfices et les risques de ces soins forcés ?
La loi sur les soins psychiatriques obligatoires (Wvggz), en vigueur depuis le 1er janvier 2020 aux Pays-Bas, étend les mesures coercitives hors des établissements de santé. Un patient peut ainsi être tenu de prendre des médicaments chez lui, de se soumettre à une surveillance professionnelle ou à une prise de sang, uniquement en cas de danger imminent pour lui-même ou autrui.
Des chercheurs néerlandais, notamment de l’
Les soignants soulèvent toutefois des réserves. Les soins à domicile impliquent davantage l’entourage, pesant sur les relations sociales. Les patients pourraient se sentir vulnérables chez eux, et le manque de personnel qualifié risque de compromettre la qualité des interventions. Des équipes mobiles doivent rester disponibles en permanence.
En Belgique, psychiatres et avocats ont préconisé une loi similaire, mais l’absence de gouvernement freine les avancées, note la psychiatre Kirsten Catthoor (Université d’Anvers). Elle y voit des avantages face aux admissions en clinique, source de stress intense – pensez à un patient autiste en psychose, plus serein chez lui. Favorable à la réforme, elle insiste sur la nécessité de ressources humaines suffisantes, encore insuffisantes aujourd’hui.