Notre démocratie résiliente, mise à l'épreuve par la crise Covid-19, peut en sortir renforcée grâce à des solutions créatives. C'est en impliquant les étudiants dans la réflexion que nous y parviendrons, estime le psychologue Vittorio Busato, expert en résilience psychologique.
'D'un point de vue psychologique, j'ai rarement entendu des mesures aussi stupides, c'est ça qui révolte.'
C'est en ces termes que le psychologue et thérapeute comportemental Martin Appelo a critiqué l'approche du Premier ministre néerlandais Mark Rutte dans le NOS Radio 1 Journaal (22 avril). Selon lui, un confinement prolongé n'est plus acceptable : trop d'attention aux soins intensifs au détriment des faillites d'entreprises, de la hausse du chômage et du report des soins pour d'autres pathologies. 'Les êtres vivants acceptent des mesures draconiennes en cas de danger imminent, a-t-il expliqué. Mais une fois le risque aigu diminué, ils privilégient le long terme et rejettent ce qui menace leur avenir.'
Ce confinement intelligent a sévèrement restreint notre liberté de mouvement, rongeant les fondements de notre démocratie.
Sa prédiction ne s'est pas pleinement réalisée, et son ton incendiaire a suscité des controverses. Néanmoins, sa critique soulève des points valides. Notre démocratie tolère les opinions dissidentes – c'est sa force. Les réactions hostiles, incluant des menaces de mort, interpellent. Appelo, collaborateur régulier de Nieuws &Co, n'y est plus invité depuis, ce qu'il qualifie de censure sur LinkedIn.
Dans une démocratie, les ponts improbables sont permis. La semaine dernière, j'ai animé un atelier sur la résilience psychologique pour une soixantaine d'étudiants en master de design industriel à la TU Delft, via Zoom depuis mon bureau. J'ai défini la résilience comme un processus d'adaptation aux revers de la vie, un moteur pour traverser les crises de manière constructive. J'ai partagé des conseils pratiques pour booster cette résilience en temps de Covid-19, insistant sur l'importance de tester soi-même ce qui fonctionne.
Laissez les étudiants réfléchir, donnez-leur la participation, laissez-les contribuer à façonner la prochaine société à 1,5 mètre.
En prenant les commandes, ils découvrent les conséquences positives et négatives des mesures, et la complexité des décisions politiques.
Le clou de l'atelier : un exercice de conception. 'Inventez, à partir de vos expériences Covid-19, des idées pour rendre un futur confinement plus vivable.' En groupes, ils ont présenté seize propositions innovantes : marquage clair travail/vie perso à domicile, anti-procrastination, files d'attente expérientielles, ou jeux pour positiver les sautes d'humeur. Leur créativité a boosté ma propre résilience !
Les étudiants, durement touchés (perte d'emplois étudiants), font preuve d'un engagement exemplaire. Leçon clé : ces citoyens votants doivent être davantage écoutés lors de prochaines pandémies. Laissez-les réfléchir et contribuer à la société à 1,5 mètre – leurs idées rendront le monde plus agréable pour tous. Que les propositions de ces étudiants internationaux de la TU Delft inspirent !
La TU Delft priorise la participation citoyenne. Peu après, j'ai découvert l'étude de Niek Mouter (Faculté de technologie, politique et gestion) auprès de 30 000 Néerlandais sur les préférences pour assouplir les mesures. Résultats : assouplissement limité pour éviter la surcharge hospitalière, réouverture des coiffeurs. Méthode innovante : l'évaluation de la valeur participative (PWE).
Les participants 'jouent' au gouvernement, choisissant des mesures avec leurs impacts (mortalité, économie). Ouvrir restaurants ou gyms booste l'économie mais augmente les infections. 'Ils saisissent la complexité des dilemmes décisionnels et les trade-offs', explique Mouter. 'Une idée initialement séduisante révèle ses effets négatifs.'
Après la conférence de presse du 20 mai, de nouvelles enquêtes PWE porteront sur des choix à long terme. Martin Appelo y participerait idéalement – et j'aimerais entendre son analyse à la radio.
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