Développement personnel et croissance individuelle : telle est la clé de l'identité selon Nele Jacobs, psychologue spécialiste du parcours de vie. Entretien sur les effets de la crise Covid-19, la positivité et les vertus du doute.
Photo : Chris Peeters
Dans un entretien via Zoom, nous explorons librement les thèmes de l'identité et de sa construction. « Le choix de la psychologie découlait logiquement de mon intérêt pour les gens en général », explique Jacobs. « Au lycée, je m'intéressais déjà à la construction du caractère et au développement des personnages dans les livres que je lisais. Mon père aurait préféré des mathématiques, ma mère la médecine. Mais j'ai tracé ma propre voie. »
Ce parcours l'a menée aux Pays-Bas, via des études à Gand, un doctorat à Maastricht et l'amour. À Heerlen, elle est nommée en 2017 professeure de psychologie du parcours de vie à l'Open University, première titulaire de cette chaire aux Pays-Bas.

Nele Jacobs (1974) a étudié la psychologie clinique à l'Université de Gand. Elle a réalisé une thèse à Maastricht sur l'impact de la sensibilité au stress sur la santé mentale. En 2005, après son doctorat, elle devient professeure adjointe en psychologie clinique à l'Open University (OU), puis associée. En 2017, l'OU la nomme première professeure de psychologie du parcours de vie aux Pays-Bas. Ses recherches portent sur l'effet des émotions positives au quotidien.
« Elle accompagne les individus dans leur développement et la formation de leur identité. Comment promouvoir leur potentiel, leur bien-être mental et physique, pour qu'ils réalisent pleinement ce qu'ils ont à offrir ? Elle embrasse tout le cycle de vie, mais à l'Open University, nous nous concentrons surtout sur les processus du jeune âge adulte à la vieillesse. »
« C'est un concept riche : épanouissement personnel, croissance, réalisation de soi. L'identité est le fruit de votre évolution à travers toutes les phases de la vie et les expériences rencontrées. »
« Je le crains. Chez les jeunes adultes, les interactions sociales sont cruciales pour explorer son identité : on y découvre qui l'on est, comment on réagit, comment on veut être. Avec la distanciation, ces moments manquent, retardant potentiellement leur construction personnelle jusqu'à un retour à des interactions optimales. »
« Cela dit, la situation offre des opportunités : plus d'espace pour expérimenter la solitude, découvrir ses goûts sans pression du regard d'autrui. »
« Pas nécessairement. Nous voyons la crise comme temporaire, avec l'espoir d'un vaccin pour avancer. »
« Je le reconnais. Nous pensons à court terme, frustrés par les restrictions. Pour les secteurs de la restauration ou des événements, c'est dramatique. Cette période est traumatisante pour certains, je ne le minimise pas. »
« Mais nous sous-estimons notre flexibilité psychologique et notre résilience. Ce n'est pas agréable maintenant, mais dans six mois ou un an, ça ira mieux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup ont connu pire – survie, faim, sans abri – et ont rebâti. Il y a toujours de la lumière au bout du tunnel. Cultivons cette attitude. »
« La positivité est en nous. Focalisez-vous sur le possible, expérimentez, tirez-en le meilleur. »

Lire l'intégralité de l'entretien avec Nele Jacobs dans Psyche&Brain Spécial Identité.