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Transmission sociale de la douleur et de son soulagement chez les souris : mécanismes cérébraux décryptés

Les souris qui observent une consœur recevoir un analgésique ressentent à leur tour moins de douleur.

De nombreux animaux, y compris les humains, partagent parfois la douleur ou la peur de leurs congénères. Les mécanismes cérébraux de ce transfert social d'émotions restaient méconnus. Des neuroscientifiques américains ont identifié les zones cérébrales impliquées dans la transmission de la douleur, de la peur et, pour la première fois, du soulagement de la douleur.

Avant l'expérience, deux souris cohabitent brièvement en cage. L'une reçoit une injection provoquant une douleur, tandis que l'autre, le "spectateur", observe. Les chercheurs testent ensuite la sensibilité à la douleur du spectateur en stimulant ses pattes arrière avec un poil von Frey. L'intensité de la réaction – retrait, raidissement, vocalisation – mesure la tolérance à la douleur. Les spectateurs montrent des réactions similaires à celles des souris injectées, contrairement aux souris témoins non exposées.

Dans une seconde expérience, les deux souris reçoivent l'injection douloureuse, mais seule l'une bénéficie d'un analgésique (morphine). Les "spectateurs" adoptent un comportement analogue à celui des souris soulagées. Une troisième expérience porte sur la peur : un choc électrique adminisé à l'une des souris provoque un gel comportemental chez l'autre.

Grâce à l'optogénétique, qui permet d'activer précisément des neurones via la lumière, les chercheurs ont cartographié les circuits neuronaux responsables.

Empathie

Pour la douleur et son soulagement, le cortex cingulaire antérieur (CCA) transmet des signaux au noyau accumbens, impliqué dans les expériences positives et le plaisir.

Pour la peur, le CCA active l'amygdale basolatérale, centre cérébral de la peur.

Publiés dans la revue Science, ces résultats éclairent les bases neurales de l'empathie. Ils pourraient aider à traiter les déficits empathiques observés dans certains troubles psychiques et soulignent le rôle clé de l'environnement dans la modulation de la douleur et de la peur, ouvrant des perspectives thérapeutiques innovantes.

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