L'historienne est récompensée pour ses recherches approfondies sur le vol pendant la Première Guerre mondiale.

Julie Devlieghere (UGent), historienne reconnue, est la lauréate du Prix de thèse « 100 ans de la Grande Guerre ». Elle reçoit ce prestigieux prix accompagné d'une dotation de 1 000 euros pour son travail novateur sur le vol durant la Première Guerre mondiale.
Pendant la Première Guerre mondiale, la Belgique connaît un doublement des vols signalés. Les autorités y voient un signe de déclin moral de la population. Devlieghere réfute cette vision dans sa thèse : « Cette image d'une population devenue sauvage est erronée. La guerre n'a pas entraîné une perte du sens des normes, mais les normes morales ont évolué. Par conséquent, la perception du vol a changé. »
Voler pour survivre
Pour son étude, Julie Devlieghere a analysé des mois durant les archives judiciaires de l'arrondissement de Malines, comparant les vols d'avant et pendant la guerre à partir de livres de jugement et de dossiers. Elle révèle que les vols ciblaient principalement des denrées alimentaires en temps de guerre, contre de l'argent et des bijoux auparavant. « Le tribunal a vu défiler de nouveaux profils d'auteurs. Avant la guerre, il s'agissait souvent d'hommes célibataires ; pendant le conflit, ce étaient fréquemment des femmes et des pères de famille mariés, volant de la nourriture pour leurs enfants par nécessité. Le vol était perçu comme une stratégie de survie légitime en période de crise. »
Les victimes, souvent des agriculteurs dont les champs étaient pillés, exigeaient des peines plus sévères pour enrayer le fléau. Selon Devlieghere, la justice a répondu partiellement : « Les tribunaux ont poursuivi davantage de cas qu'avant-guerre. Cependant, les acquittements étaient plus fréquents, et les sanctions plus clémentes : amendes réduites et peines de prison allégées, en tenant compte des circonstances atténuantes de guerre. »
Trois lauréats distingués
Le jury a salué sa thèse comme « une étude solidement documentée apportant un éclairage nuancé sur le fléau du vol pendant la guerre ». Son travail paraîtra dans Eos Memo, le numéro spécial histoire d'Eos Magazine en juin. Deux autres étudiants sont primés : Eduard Clappaert (KU Leuven) remporte 500 euros pour sa thèse sur les tentatives belges infructueuses de juger des criminels de guerre allemands ; Charlotte Vekemans (KU Leuven) obtient 250 euros pour ses recherches sur l'occupation du Rhin par les troupes belges après 1918.
Dans le cadre du centenaire, Scriptie vzw et le Département flamand des Affaires étrangères récompensent, via ce Prix de thèse, les travaux d'excellence sur la Première Guerre mondiale.
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