Le 21 avril correspond au jour du chêne dans le calendrier républicain français, deuxième jour du mois de floréal. Pour les botanistes, cet arbre appartient au genre Quercus, nommé en 1753 par Carl von Linné (1707-1778), qui regroupe environ 450 espèces. Le terme Quercus provient du celte kaer quez, signifiant « le bel arbre ». Le mot « chêne » dérive de l'ancien français chasne, issu du gaulois cassanos ou cassanus. Le genre Quercus fait partie de la famille des Fagaceae, l'un des cinq genres (avec le hêtre, Fagus) apparus au Crétacé inférieur, il y a 130 à 190 millions d'années – une ère où des figuiers poussaient au Groenland !
Symbole divin chez les anciens, le chêne était l'arbre sacré de Zeus, qui y trouva refuge à sa naissance. Les chênes entourant le sanctuaire de Dodone en Épire servaient de supports divinatoires. Les Druides le vénéraient avec le gui, et la mythologie européenne lui attribue une origine tellurique, source de nourriture et d'abri pour l'humanité. On raconte même qu'il émet des cris déchirants lors de son abattage, son bois dur faisant crisser la scie.
Majestueux et vénérable, le chêne incarne la force, la puissance, la longévité et l'autorité. Dans le langage des fleurs, il évoque courage, valeur et hospitalité. Couronnes de feuilles ornaient dieux, empereurs et vainqueurs. Sa symbolique perdure sur uniformes militaires et la Légion d'honneur, associée au laurier.
Riche en tanin – présent dans écorce, bois et glands –, le chêne était essentiel au tannage des peaux. Le chêne rouvre (Quercus petraea), pédonculé et chevelu en contiennent 10 % en moyenne. Les cupules du chêne asiatique Quercus ithaburensis subsp. macrolepis atteignent 30 à 40 %.
La futaie des Clos en forêt de Bercé (Sarthe) abrite des chênes rouvres plantés en 1670, culminant à plus de 40 m sur 8 ha.
La forêt de Tronçais (Allier), plus belle chênaie d'Europe, offre la « futaie Colbert » : le chêne « Saint Louis » (6 m de circonférence, 28 m de haut) et « La Sentinelle » (planté vers 1580).
À Bulat-Pestivien (Côtes-d'Armor), le chêne de Tronjoly (13 m de circonférence, 15 m de haut) compte 1 300 à 1 600 ans.
Le chêne de Guillotin à Concoret (Morbihan), millénaire, mesure 9,60 m de circonférence et 20 m de haut en Brocéliande.
Enfin, le chêne d'Allouville (Seine-Maritime), bicentenaire (plus de 2 000 ans), 15 m de circonférence et 25 m de haut, abrite deux chapelles.