Les poissons blessés émettent un signal olfactif à base de sucre qui fait fuir leurs congénères.
Dès 1938, le biologiste autrichien Karl von Frisch a démontré que les poissons blessés produisent un signal chimique alertant leurs semblables. Il l'a baptisé "Schreckstoff" (substance effrayante), sans en identifier la nature exacte. Des chercheurs singapouriens viennent de lever le voile sur ce mystère.
En cas de blessure, une molécule de sucre, le sulfate de chondroïtine, est libérée de la peau du poisson. Des enzymes décomposent simultanément ces molécules en produits de dégradation.
Ces sucres et leurs dérivés sont détectés par une zone spécifique du cerveau des poissons, où des neurones spécialisés reconnaissent ce signal d'alarme.
Cette découverte éclaire l'évolution de ce système : le sulfate de chondroïtine est un composant naturel de la peau, libéré lors de toute blessure. Les poissons sensibles à cette odeur avaient un avantage reproductif en évitant les prédateurs. (ddc)
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