Des scientifiques de l'Université de Kyoto au Japon ont découvert une bactérie capable de dégrader le plastique.

Le plastique, matériau ultra-résistant, persiste bien au-delà de son utilisation et pollue désormais tous les écosystèmes de la planète. Une équipe de chercheurs a identifié des bactéries qui digèrent lentement mais sûrement ces déchets, offrant un espoir de nettoyage à grande échelle.
Le plastique est composé de polymères, de longues chaînes de monomères carbonés. En théorie, ces structures pourraient servir de nourriture aux micro-organismes. Cependant, contrairement aux polymères naturels comme la cellulose, les plastiques synthétiques ne sont pas biodégradables.
Les bactéries et champignons ont évolué pour décomposer les matériaux naturels sur des millénaires, mais le plastique n'existe que depuis environ 70 ans. Les microbes n'ont pas encore eu le temps d'adapter leurs mécanismes biochimiques.
Après cinq ans d'analyses sur 250 échantillons de déchets plastiques, l'équipe de Kyoto a isolé une bactérie survivant sur du polyéthylène téréphtalate (PET), utilisé dans les bouteilles et textiles. Baptisée Ideonella sakaiensis en 2016, cette espèce se reproduit facilement. Placée avec du PET dans un environnement contrôlé, elle l'a entièrement dégradé en quelques semaines.
Au-delà de la bactérie, la découverte clé est l'enzyme PETase qu'elle produit. En identifiant le gène responsable dans son ADN, les chercheurs ont pu la produire en laboratoire, prouvant qu'elle décompose le PET sans les bactéries elles-mêmes.
Cette avancée révolutionne le recyclage. Actuellement, les bouteilles en PET sont fondues en plastiques rigides de moindre qualité, les industriels préférant le plastique vierge issu du pétrole. Les enzymes offrent un recyclage chimique infini : ajoutées aux déchets, elles les transforment en monomères réutilisables pour un cycle fermé.
Cette recherche, menée par des experts en microbiologie, est publiée dans la revue Science en 2016.