Pour maintenir l'équité, ils sanctionnent les profiteurs en tapant sur leurs doigts.

Comme les humains, les chimpanzés préfèrent la coopération à la rivalité. Pour assurer la justice, ils punissent les tricheurs. Cette découverte émane des primatologues du Yerkes National Primate Research Center.
Contrairement à l'idée répandue selon laquelle les chimpanzés préféreraient se battre plutôt que coopérer, une étude publiée dans PNAS la dément. « Certaines recherches suggèrent de forcer les chimpanzés à collaborer. Ici, nous leur avons laissé le choix de coopérer ou non, et de sanctionner les tricheurs », explique la chercheuse principale, Malini Suchak.
Son équipe a soumis aux singes un puzzle nécessitant d'actionner simultanément trois leviers avec un ou deux partenaires du groupe. En cas de succès, une récompense était accordée. Les chimpanzés choisissaient librement leurs collaborateurs.
Le vol est puni
Les chimpanzés ont collaboré efficacement. Des querelles ont surgi, à une fréquence comparable à celle observée chez les humains. Certains ont tenté de voler les récompenses des travailleurs. Ce comportement a été sanctionné : les victimes protestaient contre le profiteur et refusaient de résoudre le puzzle en sa présence. Parfois, un individu dominant intervenait pour rétablir l'ordre.
Pas une exclusivité humaine
Ayant le choix entre rivalité et coopération, les chimpanzés optaient pour cette dernière cinq fois plus souvent. « On affirme souvent que la collaboration est unique à l'humain. Pourtant, nos théories évolutionnistes sur la coopération s'inspirent du règne animal, des fourmis aux orques. Notre étude montre que nos plus proches parents gèrent parfaitement tricheurs et profiteurs », commente Frans de Waal, biologiste néerlandais impliqué dans la recherche.