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Un robot prédateur innovant pour contrôler les poissons-moustiques envahissants

Les poissons-moustiques envahissants représentent une menace pour les têtards et les communautés d'amphibiens à travers le monde. Les poissons-moustiques de l'Est, en particulier, dévorent les œufs d'amphibiens et concurrencent les têtards pour la nourriture et l'espace, au détriment des espèces indigènes.

Au début du XXe siècle, ces poissons étaient introduits comme un moyen économique de contrôler les populations de moustiques en se nourrissant de leurs œufs et larves, limitant ainsi la propagation de maladies comme le paludisme. Cependant, ils ont rapidement proliféré, déplacé les espèces locales, envahi de nouveaux habitats et consommé des proies non prévues.

Leur gestion actuelle reste complexe. Au-delà des recommandations de les éliminer à vue, aucune méthode efficace et généralisée n'existe. Des chercheurs de l'Université d'Australie-Occidentale et de NYU Tandon testent une approche novatrice : un robot simulant un prédateur des poissons-moustiques. Une étude publiée le jeudi dans iScience démontre que la simple présence de ce prédateur modifie le comportement des invasifs, au bénéfice des têtards.

Pour valider cette méthode, l'équipe a conçu un robot imitant un achigan à grande bouche, principal prédateur naturel du poisson-moustique. Des tests en écosystèmes simulés ont suivi.

Des expériences antérieures avaient déjà montré que même une brève exposition au robot "imposteur" rendait les poissons-moustiques vigilants, réduisant leurs réserves énergétiques et leur santé nutritionnelle. Cette nouvelle étude intègre les têtards de Litoria moorei.

L'équipe a placé un ratio égal de poissons-moustiques et de têtards sauvages dans 12 réservoirs, observant leurs interactions avant de les transférer dans une arène expérimentale.

Pendant une semaine, les chercheurs ont étudié le comportement sans intervention. Puis, sur cinq semaines, des groupes aléatoires ont été exposés ou non au robot prédateur.

Ce robot, équipé de vision par ordinateur pour distinguer poissons-moustiques et têtards, est propulsé par aimants et tiges. Programmée pour attaquer les invasifs près des têtards, elle plane dans le réservoir.

Un robot prédateur innovant pour contrôler les poissons-moustiques envahissants

L'équipe a documenté les dynamiques avec et sans robot, avant une semaine finale sans prédateur.

Les mesures initiales et finales portaient sur taille, poids, forme corporelle, ainsi que la fertilité via sperme et ovules. La présence du robot a stressé les poissons-moustiques : ils mangeaient plus mais perdaient du poids, changeaient de forme et voyaient leur fertilité chuter, sans percevoir la menace comme fictive.

"Cela suggère que les poissons-moustiques exposés au prédateur robotique allouent plus d'énergie à la défense anti-prédateurs, au détriment des réserves et de la reproduction", notent les auteurs. Le risque perçu a réduit leur intimidation envers les têtards.

"Cette étude n'est pas une solution miracle", déclare Giovanni Polverino, co-auteur, au The New York Times. Elle révèle toutefois les vulnérabilités des invasifs, ouvrant la voie à des méthodes applicables en milieu naturel.


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