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Charles Bolden : « Mars est une cible réaliste pour la NASA »

Charles Bolden, administrateur de la NASA, était de passage en Belgique pour célébrer le 20e anniversaire de la mission STS-45 à bord de la navette Atlantis, aux côtés de Dirk Frimout, premier Belge dans l'espace, et des sept autres membres d'équipage. Il a partagé avec la presse les ambitions futures de l'agence spatiale.

Charles Bolden : « Mars est une cible réaliste pour la NASA »

De commandant de mission à dirigeant de la NASA

Charlie Bolden était le commandant de la mission STS-45 en 1992, qui a propulsé Dirk Frimout dans l'espace. Nommé à la tête de la NASA en 2009 par le président Obama, cet ancien général de la Marine et astronaute chevronné depuis 1980 a supervisé la fin du programme Constellation, axé sur un retour sur la Lune. Désormais, la priorité est l'« espace profond » : « L'avenir des vols habités de la NASA passe par une mission vers un astéroïde, puis Mars », a déclaré Bolden. « C'est réaliste. Les seuls freins sont le financement et la volonté politique. Il faut enthousiasmer le public mondial. Le rover Curiosity sur Mars y contribuera en pavant la voie à une mission habitée. Les jeunes interagissent avec lui sur Twitter comme avec un humain – même si les réponses viennent d'une équipe au sol. »

Circonstances imprévues en orbite

Près de 1 400 lycéens belges ont assisté à un discours passionné de Bolden à l'Université Libre de Bruxelles. Ému, il a évoqué la « persévérance », citant l'accident du Challenger en 1986, dont il fut témoin et qui le marqua profondément – un membre d'équipage de cette tragédie l'avait inspiré à devenir astronaute.


Charles Bolden : « Mars est une cible réaliste pour la NASA »

Les élèves ont interrogé l'équipage de STS-45 sur la sécurité et les imprévus spatiaux. Michael Foale, spécialiste de mission sur ce vol et vétéran de sept missions, a relaté un incident sur Mir en 1997 : « Un cargo a percé la coque. Nous avions 20 minutes pour sceller la fuite. Nous avons coupé des câbles malgré le risque d'étincelles – mon collègue Sasha craignait un incendie après un précédent. Puis, la station s'est affaissée, les panneaux solaires ont perdu l'ensoleillement. Nous avons manœuvré depuis une capsule Soyouz pour la réorienter. »

Bryan Duffy, pilote d'Atlantis, a confié sa peur des hauteurs lors de sa première sortie extravéhiculaire : « En sortant la tête, j'ai vu la Terre. Mes mains ont dû laisser des marques sur la poignée ! »

Une mission habitée sur Mars nécessitera une collaboration internationale : « Les Russes, les Belges et d'autres apportent des expertises uniques. Le coût n'est pas le seul motif. » La coopération avec la Chine reste limitée par une loi américaine, sauf dans un cadre multilatéral.

La Station spatiale internationale, pilier des ambitions futures

Malgré l'objectif « espace profond » dans 15-20 ans, l'ISS reste essentielle : « Elle nous permet de tester les techniques pour Mars, comme assembler en orbite un vaisseau et un module d'atterrissage, contrairement au modèle Apollo. »

Un astéroïde servira d'étape : « Leurs orbites sont complexes, l'accès long et l'atterrissage ardu. Mais opérer en orbite nous apprendra tout pour Mars. Si on réussit là, Mars sera un jeu d'enfant. »

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