Les femmes ayant subi un pontage gastrique pour traiter l'obésité ressentent les effets de l'alcool de manière bien plus intense qu'avant l'intervention.

Après un pontage gastrique, les effets de l'alcool s'intensifient : ivresse plus rapide et risque accru de dépendance.
Une étude contrôlée sur 17 femmes obèses (IMC ≥ 44) le confirme. Huit d'entre elles avaient subi un pontage gastrique, reliant une petite poche gastrique directement à l'intestin grêle. Les participantes ont été randomisées : lors d'une première visite, un groupe a consommé l'équivalent de deux verres d'alcool en 10 minutes, l'autre une boisson non alcoolisée. Les rôles ont été inversés à la seconde visite.
Chez les non-opérées, la glycémie alcoolique culminait à 25 minutes avec 0,6 g/L (0,6 ‰). Chez les opérées, le pic survenait dès 5 minutes, atteignant 1,10 g/L (1,10 ‰) – presque le double et au-delà de la limite légale pour la conduite (0,5 ‰).
Cette différence s'explique par la réduction gastrique : l'estomac produit de l'alcool déshydrogénase, enzyme dégradant l'alcool, en complément du foie. Les chercheurs insistent : les patients doivent être informés de cette altération pour éviter une dépendance accrue due aux concentrations sanguines élevées. (ks)
L'étude est publiée dans JAMA Surgery.
