Le fer présent dans les implants métalliques peut activer les antibiotiques précisément là où ils sont nécessaires.
Les implants métalliques sont largement utilisés en médecine, comme les valves cardiaques, prothèses dentaires ou orthopédiques. Or, ces dispositifs artificiels favorisent souvent des infections bactériennes. Les patients reçoivent ainsi des antibiotiques à long terme pour les prévenir, mais ces traitements agissent sur l'ensemble du corps et peuvent s'avérer nocifs.
Une solution innovante consiste à administrer des pro-médicaments inactifs, activés uniquement près de l'implant via une thérapie enzymatique. Ces composés deviennent efficaces localement grâce à des enzymes spécifiques.
La chercheuse Marja Bulte-ter Meer du Radboudumc a découvert fortuitement que les implants métalliques courants exercent un effet enzymatique : ils clivent les groupes sucre des molécules. En modifiant les antibiotiques avec un groupe sucre, ceux-ci restent inactifs jusqu'à proximité de l'implant, où le sucre est ôté, restaurant leur efficacité.
Les implants dotés de fines rainures métalliques excellent dans cette activation, grâce au dépôt de fer dans ces sillons. Le mécanisme précis reste à élucider.
Si le fer pur serait idéal, il manque de stabilité. La chercheuse préconise un revêtement ferreux sur les implants existants. Des tests en laboratoire confirment que ces matériaux convertissent efficacement les pro-médicaments en antibiotiques actifs contre de nombreuses bactéries.