Le nouveau coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19, se transmet beaucoup plus vite que le SARS. Ses caractéristiques uniques expliquent cette contagiosité exceptionnelle et ouvrent des pistes thérapeutiques prometteuses.
Comprendre les mécanismes de transmission est essentiel pour contrôler et prévenir l'épidémie, affirment les experts.
Des analyses génétiques et structurelles révèlent que la protéine de pointe en surface du SARS-CoV-2 facilite grandement l'infection des cellules humaines.
Pour pénétrer une cellule, les coronavirus utilisent cette protéine de pointe qui s'amarre à la membrane cellulaire, activée par des enzymes hôtes spécifiques. Chez le SARS-CoV-2, cette protéine présente une particularité : elle est clivée à un site précis par la furine, une enzyme ubiquitaire dans l'organisme humain (poumons, foie, intestin grêle).
Selon Li Hua, chercheur à l'Université Huazhong Agricultural University, cela permet au virus d'attaquer plusieurs organes, expliquant des symptômes comme l'insuffisance hépatique. Contrairement au SARS et aux autres coronavirus, ils ne possèdent pas ce site de clivage par la furine.
Plusieurs équipes soulignent ce site comme facteur majeur de la transmission interhumaine rapide, similaire à celui observé chez certains virus grippaux sur la protéine d'hémagglutinine.
Certaines voix appellent toutefois à la prudence : des études in vitro et sur modèles animaux sont nécessaires pour confirmer son rôle.
L'équipe de Li Hua explore déjà des inhibiteurs de la furine comme traitements potentiels.
Le biologiste structural Jason McLellan (Université du Texas) et son équipe ont démontré que la protéine de pointe du SARS-CoV-2 se lie au récepteur ACE2 des cellules humaines avec une affinité au moins dix fois supérieure à celle du SARS.
Des résultats confirmés par David Veesler (Université de Washington), qui voit dans l'ACE2 une cible idéale pour vaccins ou thérapies, comme des bloqueurs empêchant l'entrée virale.
Source : Nature
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