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Un verre d'alcool par jour est-il vraiment bénéfique pour la santé ? Vérification des faits

Cette vérification des faits a été réalisée par des étudiants en journalisme de la KU Leuven en collaboration avec les rédacteurs d'Eos. Elle a également été publiée sur la plateforme factcheck.vlaanderen.

En Belgique, savourer un verre de vin au restaurant, une bière après le sport ou un cocktail en terrasse ensoleillée fait partie intégrante de notre culture et de notre identité collective. Pour beaucoup, l'alcool est non seulement plaisant, mais aussi un excellent lubrifiant social.

L'idée qu'un verre d'alcool par jour soit bénéfique pour la santé reste populaire. L'an dernier, Metrotime rapportait que les buveurs occasionnels vivraient plus longtemps que les abstinents. WebMD évoquait un risque réduit de problèmes cardiaques, et Flair listait les prétendus bienfaits du vin rouge.

Dix verres par semaine

Le consensus scientifique définit une consommation modérée comme un verre standard par jour pour les femmes et deux maximum pour les hommes. Selon le Conseil supérieur de la Santé (CSS) et le Centre flamand d'expertise pour l'alcool et autres drogues (VAD), un verre standard équivaut à 10 grammes d'alcool pur, soit 12,7 millilitres d'éthanol.

Le volume varie selon le degré d'alcool : en Belgique, cela correspond à 25 cl de bière ou 10 cl de vin. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) utilise la même définition.

Le VAD recommande de ne pas dépasser 100 grammes d'alcool par semaine (dix verres standards) pour limiter les risques. D'autres régions appliquent des seuils moins stricts, et les experts insistent sur l'importance de jours sans alcool.

Une image déformée

La Fondation contre le Cancer préconise l'abstinence totale. Selon le Fonds mondial de recherche sur le cancer (WCRF), chaque verre augmente le risque de cancer du sein, et une consommation modérée accroît les risques d'autres cancers.

Une étude de 2016 dans Addiction identifie l'alcool comme cause directe de sept cancers : bouche/pharynx, larynx, œsophage, foie, côlon/rectum et sein. Cela est corroboré par l'American Institute for Cancer Research (AICR).

Un goulet d'étranglement dans les études sur l'alcool est que de nombreux non-buveurs ont renoncé à l'alcool en raison de problèmes de santé préexistants.

Autrefois, des études associaient la consommation modérée à une réduction des maladies cardiovasculaires et une mortalité moindre chez les buveurs modérés comparés aux abstinents. Or, les non-buveurs incluent souvent d'anciens buveurs malades, biaisant les résultats. De plus, des facteurs comme l'âge, le sexe, le tabagisme, l'IMC, le diabète ou l'exercice n'étaient pas toujours contrôlés.

Plus de mythes démystifiés

La biostatisticienne britannique Angela Wood et ses collègues de l'Université de Cambridge ont corrigé ces biais. En 2018, ils ont publié une étude dans The Lancet, analysant exclusivement des buveurs.

Elle montre une légère réduction du risque d'infarctus non mortel, mais aucun seuil sûr pour les AVC, insuffisances cardiaques, artérioscléroses mortelles ou hypertension. Au-delà de 100 grammes par semaine, le risque de décès augmente.

Le Pr Hein Heidbuchel, chef du service de cardiologie à l'hôpital universitaire d'Anvers, loue sa rigueur : « L'article repose sur une analyse minutieuse de vastes bases de données, corrigeant les confusions comme le tabagisme et le diabète, avec des données individuelles. »

Rien ne justifie que le vin rouge soit plus sain que les autres boissons alcoolisées.

Il souligne la difficulté des études nutritionnelles (absence d'randomisation) et note qu'un risque réduit d'infarctus non mortel ne compense pas les autres dangers, sans oublier les impacts sociétaux.

Le mythe du resvératrol dans le vin rouge est infondé : les études ne distinguent pas les boissons et attribuent les effets positifs au mode de vie des consommateurs.

Conclusion

Les recherches récentes montrent que les effets positifs potentiels d'une consommation modérée sont largement surpassés par les risques. L'affirmation « un verre d'alcool par jour est sain » est donc incorrecte. Les études positives manquent de fondement solide ; il est recommandé d'éviter l'alcool, même à faible dose.

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