Les nouveau-nés prématurés pesant moins de 2 kg mettent plusieurs jours à se stabiliser. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande d'initier le contact peau à peau uniquement après cette période, une pratique reconnue pour améliorer la santé des bébés. Pourtant, de nombreux parents ne parviennent pas à pratiquer la « méthode kangourou ». Or, 75 % des décès prématurés surviennent dans les premiers jours de vie.
Une étude coordonnée par l'OMS a évalué les bénéfices et la sécurité du contact peau à peau immédiat chez ces bébés vulnérables. Menée dans cinq hôpitaux universitaires de pays à revenu faible ou intermédiaire, où 20 à 30 % des prématurés décèdent en moyenne, elle a randomisé 3 211 nourrissons en deux groupes : un avec un contact maximal immédiat après la naissance (moyenne de 17 heures par jour), l'autre suivant le protocole standard limité aux moments d'allaitement (1,5 heure par jour).
Les résultats plaident pour un contact intensif dès le départ : la mortalité du premier groupe a chuté de 25 %. Moins de bébés ont présenté une hypothermie ou une septicémie. Les chercheurs estiment que cette approche pourrait sauver 150 000 prématurés par an et appellent à réviser les directives actuelles.
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