Selon une étude menée par l'Université de Gand, les étudiants dormant en moyenne sept heures par nuit obtiennent de bien meilleurs résultats aux examens que ceux ne dormant que six heures. Veiller tard jusqu'au petit matin n'est donc pas une stratégie gagnante, concluent les chercheurs.
"Assurez-vous de dormir suffisamment pendant la période d'examens pour être frais et performant." Ce conseil parental, souvent entendu, s'avère fondé. En tant que chercheurs en économie de l'éducation, nous avons voulu le vérifier scientifiquement : un bon sommeil améliore-t-il vraiment les performances intellectuelles ?
Les mauvais dormeurs obtiennent en moyenne 2,6 points de moins sur 20 que les bons dormeurs.
La littérature scientifique confirme ce lien : le sommeil booste l'humeur, la motivation et les fonctions cognitives. Il intègre les nouvelles connaissances aux savoirs existants. Intrigués, nous avons analysé la qualité du sommeil chez les étudiants en lien avec leurs résultats scolaires.
621 étudiants de première année en Sciences Commerciales, Économiques, Appliquées et Ingénierie Commerciale à l'Université de Gand ont participé à notre étude en décembre 2013. Ils ont répondu à un questionnaire mesurant leur qualité de sommeil (via le Pittsburgh Sleep Quality Index - PSQI), leur milieu socio-économique et leur santé générale, pour des analyses contrôlées.
Le PSQI (score de 0 à 21) évalue durée du sommeil, temps d'endormissement, perturbations, somnolence diurne, efficacité, perception subjective et usage de somnifères. Au-delà de 5, le sommeil est qualifié de mauvais. Résultat : 30 % des étudiants sont de mauvais dormeurs (35 % chez les femmes, 26 % chez les hommes), un taux aligné sur les études internationales. En Flandre, environ un tiers de la population adulte rapporte des troubles du sommeil.
Le manque de sommeil est héréditaire : 38 % des étudiants avec un parent mauvais dormeur le sont eux-mêmes, contre 25 % sinon.
Avec leur accord, nous avons croisé ces données avec leurs notes d'examens de janvier 2014 (premiers examens supérieurs), couvrant 3 936 épreuves.
Nos analyses statistiques confirment : un bon sommeil rime avec meilleures notes, toutes choses égales par ailleurs.
Score PSQI moyen : 4,8 (écart-type 2,2). Chaque écart-type supplémentaire (pire sommeil) coûte 1 point sur 20 par examen, réduisant les chances de réussite de 14 %. Les très mauvais dormeurs (PSQI > 5) perdent 2,6 points en moyenne.
La durée compte particulièrement : 7 heures vs 6 heures = +1,7 point. Cela s'explique par le sommeil REM, essentiel pour consolider les apprentissages en reliant nouvelles infos aux acquis – crucial pour étudier et réussir les examens.
Nos résultats valident les conseils parentaux. Une nuit blanche occasionnelle ? Possible. Mais systématique, non. Priorisez un vrai repos au lit. En cas de troubles persistants (médicaux ou psychologiques), consultez un professionnel : investir dans son sommeil paie en résultats scolaires.
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