Les personnes très actives physiquement aujourd'hui présentent un cerveau plus volumineux vingt ans plus tard que celles peu actives.

Des chercheurs américains mettent en évidence un lien entre la forme physique et le volume cérébral deux décennies plus tard.
Plus de 1 500 participants, âgés en moyenne de 40 ans au début de l'étude, ont été suivis. Ils ont réalisé un test d'effort sur tapis roulant, répété vingt ans après, complété par un scanner cérébral pour mesurer le volume du cerveau.
Les scientifiques ont chronométré la durée avant que la fréquence cardiaque n'atteigne une limite prédéfinie, établissant un score de forme physique. Selon une étude publiée dans la revue Neurologie, un score faible est associé à un volume cérébral réduit vingt ans plus tard. Une baisse de huit points équivaut à deux années de rétrécissement cérébral naturel lié à l'âge.
L'étude montre également que les participants dont la tension artérielle et la fréquence cardiaque augmentaient rapidement pendant l'effort présentaient un cerveau plus petit ultérieurement.
L'exercice physique favorise la circulation sanguine et l'oxygénation cérébrale
Les auteurs précisent qu'aucune causalité n'est démontrée. « Nous n'avons pas établi de lien causal », explique Nicole Spartano de la Boston University School of Medicine. « Toutefois, d'autres recherches indiquent que l'activité physique améliore le flux sanguin et l'apport en oxygène au cerveau, potentiellement protecteur contre le vieillissement cérébral et le déclin cognitif. »
Romain Meeusen, expert à la VUB sur l'exercice et le cerveau, confirme : « Chez les jeunes, un meilleur forme physique s'associe à un cerveau plus performant et souvent plus grand. Chez les seniors (+65 ans), trois séances hebdomadaires sur un an augmentent le volume de l'hippocampe, clé pour l'apprentissage et la mémoire. Nos travaux montrent aussi un effet positif sur la neurogenèse. Cette étude pionnière suit le volume cérébral sur le long terme, confirmant l'impact positif de l'exercice à tout âge. » (jjc)