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Les stimulants pour TDAH modifient-ils le cerveau des enfants ? Une étude doctorale révèle

La prise de médicaments chez les enfants atteints de TDAH suscite de vifs débats. Ces traitements atténuent les symptômes, mais leurs effets à long terme sur le cerveau restent méconnus. Pour sa thèse de doctorat, Lizanne Schweren a mené une recherche approfondie sur le sujet.

Les stimulants pour TDAH modifient-ils le cerveau des enfants ? Une étude doctorale révèleLes stimulants pour TDAH modifient-ils le cerveau des enfants ? Une étude doctorale révèle

De nombreuses études ont examiné les effets à court terme des médicaments anti-TDAH sur le cerveau. Cependant, beaucoup d'enfants les prennent pendant des années, et les impacts à long terme sont moins bien documentés.

Lizanne Schweren a consacré sa thèse doctorale à cette question, en se focalisant sur les stimulants, les traitements les plus prescrits pour le TDAH. Nous l'avons interrogée.

Donders Wonders : Que sont les stimulants ?

"Les stimulants activent le corps, y compris le cerveau. Ils sont aussi appelés 'uppers' car ils boostent l'énergie et procurent une sensation agréable. Le plus connu pour le TDAH est le méthylphénidate, efficace chez 70 à 80 % des enfants et adultes pour réduire les symptômes et améliorer la concentration."

Que se passe-t-il dans le cerveau après la prise de stimulants ?

"Le méthylphénidate bloque la recapture de la dopamine dans la 'fente synaptique', l'espace entre deux cellules cérébrales. La dopamine transmet les signaux d'une cellule présynaptique à une post-synaptique jusqu'à sa recapture. En bloquant ce processus, plus de dopamine reste disponible, renforçant les signaux."

Les enfants TDAH prennent souvent des stimulants pendant des années. Quel impact sur leur cerveau ?

"Le cerveau des personnes avec TDAH diffère légèrement de celui des autres. Des études antérieures suggéraient que ces différences s'estompent avec un traitement prolongé. Pourtant, mes recherches révèlent des différences subtiles persistantes dans la structure cérébrale, même après des années de traitement. Cela indique que les stimulants n'altèrent pas le développement structural du cerveau."

"Malgré cette similitude structurelle, nous observons des variations d'activation cérébrale selon l'âge de début du traitement et les doses. Notre IRMf montre que les enfants commençant tôt avec des doses élevées présentent plus d'activité dans des zones clés du contrôle cognitif (cortex cingulaire antérieur dorsal, aire motrice supplémentaire) que ceux débutant tardivement avec de faibles doses. Cela pourrait bénéficier aux enfants impulsifs."

Que signifient ces effets à long terme pour les enfants TDAH et les prescripteurs ?

"Les neuroscientifiques espéraient des effets normalisants ; parents et médecins craignaient des impacts négatifs. L'absence d'effet sur la structure cérébrale est rassurante. De plus, un traitement prolongé n'améliore pas les résultats à long terme : les symptômes s'atténuent à l'adolescence indépendamment du traitement. Les cliniciens doivent informer que les stimulants soulagent temporairement sans influencer l'évolution."

Les travaux de Lizanne s'appuient sur l'étude NeuroIMAGE, impliquant l'Institut Donders.

Donders Wonders remercie Lizanne pour cet entretien. Sa thèse est disponible ici.

Auteur : Corina Greven
Éditrice : Marisha
Traduction : Jeroen
Image vedette : Jonathan Rolande

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