Des substances inflammatoires spécifiques, comme l'IL-6 et la CRP, augmentent le risque de dépression et de maladies cardiaques.
Les personnes souffrant d'insuffisance cardiaque développent plus fréquemment une dépression, et inversement. Ce lien bidirectionnel est établi depuis longtemps et pourrait s'expliquer par l'inflammation. En 2020, une équipe de chercheurs de l'Université de Cambridge a apporté des éclaircissements précieux.
Les scientifiques ont exploré si cette association résultait d'une prédisposition génétique ou de facteurs environnementaux. Pour cela, ils ont analysé les données d'environ 370 000 volontaires issues de la UK Biobank, une étude à long terme collectant des informations génétiques et environnementales pour identifier les facteurs de risque de diverses pathologies.
L'équipe a d'abord identifié les gènes augmentant le risque d'insuffisance cardiaque, puis vérifié leur implication dans la dépression. Aucune corrélation génétique n'a été trouvée, excluant ainsi une prédisposition héréditaire comme cause principale.
Les chercheurs se sont alors tournés vers 15 biomarqueurs environnementaux associés à l'insuffisance cardiaque. Deux d'entre eux, les protéines inflammatoires IL-6 et CRP, présentaient aussi un lien avec la dépression. Libérées lors d'inflammations, mais aussi par le stress, le tabagisme, l'alcoolisme ou la sédentarité, ces marqueurs sont fréquemment détectés chez les patients dépressifs, notamment ceux résistants aux traitements antidépresseurs. Des études antérieures confirment qu'un niveau élevé d'inflammation accroît le risque dépressif.
Les chercheurs prévoient désormais d'évaluer si des médicaments bloquant l'IL-6 atténuent les symptômes dépressifs.
Ces résultats ont été publiés dans la revue Molecular Psychiatry.
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