L'acide folique (vitamine B9, parfois appelée B11) montre un potentiel antidépresseur, selon des nutritionnistes de l'Université médicale de Tianjin (Chine, 2020). Chez des rats, un traitement à l'acide folique a réduit les comportements dépressifs, avec des modifications cérébrales similaires à celles des antidépresseurs classiques.
Dans cette étude, des rats rendus dépressifs par exposition prolongée à des stress imprévisibles (bruits intenses, privation de nourriture et d'eau) ont reçu de l'acide folique quotidiennement pendant six semaines. Cette vitamine est essentielle au développement du système nerveux et à la croissance fœtale. Les rats déprimés affichent typiquement un comportement moins explorateur et une moindre consommation d'eau sucrée. Un groupe témoin de rats sains non traités a servi de comparaison.
Les observations comportementales avant et après traitement révèlent une amélioration : les rats traités consomment plus d'eau sucrée et explorent davantage leur environnement. Les chercheurs concluent à une réduction des symptômes dépressifs. Toutefois, les rats sains surpassent légèrement les rats traités aux tests.
L'analyse cérébrale post-traitement confirme les effets. La dépression est liée à une déficience en dopamine, noradrénaline et sérotonine. Les rats déprimés présentaient des niveaux réduits de ces substances par rapport aux sains. Le traitement à l'acide folique a augmenté la dopamine et la noradrénaline chez les déprimés (sans atteindre les niveaux sains), tandis que la sérotonine restait stable.
Marjolein Visser, professeure de Healthy Aging à la VU Amsterdam, appelle à la prudence. Dans le projet MooDFOOD, des compléments incluant de l'acide folique n'ont eu aucun effet sur les symptômes dépressifs chez l'humain. "Les méta-analyses confirment : l'acide folique ne soulage pas la dépression clinique", précise-t-elle. Aucune preuve de prévention n'existe non plus. Des changements cérébraux humains restent à explorer. Corriger une carence pourrait aider, mais cela reste à démontrer. Des études complémentaires sont nécessaires.
Les résultats sont publiés dans BMC Neuroscience.
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