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Les femmes résistent-elles mieux aux perturbations du rythme circadien que les hommes ?

Les femmes pourraient mieux tolérer les perturbations du rythme circadien que les hommes.

Les troubles du rythme veille-sommeil, tels que les quarts de nuit ou le décalage horaire, impactent la santé physique et mentale. Des études scientifiques indiquent que des perturbations régulières augmentent les risques de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Chez les souris, elles accroissent même le risque de cancer.

Le rythme circadien, ou rythme de 24 heures, est régulé par une horloge biologique interne située dans le noyau suprachiasmatique, une zone du cerveau juste derrière les yeux. Des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie concluent dans la revue Science que des différences existent entre les horloges biologiques des hommes et des femmes. Leur analyse d'études antérieures sur animaux et humains révèle notamment l'influence des hormones œstrogènes et testostérone sur ce noyau.

Chouettes du soir vs lève-tôt

Les hommes tendent à être plus des "couche-tard" (gens du soir), tandis que les femmes sont davantage des lève-tôt. Les femmes sont aussi plus actives en journée et moins la nuit. Les biologistes américains suggèrent que les femmes résistent mieux aux perturbations du rythme circadien, peut-être pour un avantage évolutif lié à l'allaitement et aux soins constants aux enfants.

Pour Bert van der Horst, chronobiologiste à l'Erasmus MC et spécialiste des troubles circadiens, cette hypothèse est intrigante. "Il est essentiel d'approfondir les différences entre sexes, car elles pourraient avoir des implications majeures pour la santé. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations."

Horaires de travail adaptés

"Si ces différences se confirment, la société devrait envisager des horaires de travail différenciés par genre, et adapter les affectations professionnelles, dans les limites éthiques", ajoute-t-il. "Il pourrait être plus sain pour une femme de commencer plus tôt, par exemple."

Van der Horst explore actuellement des méthodes pour atténuer ces perturbations, comme des horaires de service optimisés ou un éclairage adapté. Il s'interroge aussi sur les effets d'une société "éveillée 24h/24". "Environ 60 % des gens souffrent du 'décalage horaire social' : sommeil insuffisant en semaine, grasse matinée le week-end."

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