Il y a plus de 50 000 ans, les Néandertaliens dominaient l'Europe et l'Asie, avant d'être progressivement remplacés par les humains modernes. Ce processus n'a pas été soudain : les deux espèces ont coexisté pendant des milliers d'années.

Une étude internationale confirme cette cohabitation prolongée. À laquelle a participé l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB), les chercheurs ont employé une méthode de datation améliorée (spectrométrie de masse par accélérateur) sur les restes néandertaliens de 40 sites archéologiques. Résultat : Néandertaliens et humains modernes ont vécu côte à côte pendant 2 600 à 5 400 ans, laissant du temps pour des échanges culturels et des croisements génétiques.
Des analyses génomiques récentes confirment des hybridations hors d'Afrique : l'ADN des humains modernes non africains contient jusqu'à 2 % d'ADN néandertalien. Aucune preuve archéologique directe d'échanges culturels n'existe encore, mais les derniers Néandertaliens montrent des avancées soudaines dans les outils et la pensée symbolique, peut-être inspirées par les humains modernes.
Cette datation affinée redéfinit le cadre chronologique de la disparition des Néandertaliens. « Les scénarios proposés – dépassés par les humains modernes ou assimilés à eux – ont pu coexister, à des degrés divers, selon les lieux et les époques », explique Patrick Semal, anthropologue et responsable du Patrimoine à l'IRSNB.
Les derniers Néandertaliens à Spy
Les fossiles de la grotte de Spy (province de Namur) restent parmi les plus récents découverts en Belgique : datés entre 42 500 et 40 000 ans. Ils sont cruciaux pour comprendre la disparition des Néandertaliens au profit des humains anatomiquement modernes. « Jusqu'à aujourd'hui, aucune trace de contact direct n'a été trouvée dans notre région. Les plus anciennes traces d'humains modernes en Belgique sont plusieurs milliers d'années plus jeunes. Seules de nouvelles fouilles et analyses permettront d'éclaircir ce mystère », ajoute Patrick Semal.
[]