Il y a exactement un quart de siècle, la découverte de la momie de glace Ötzi a captivé le monde. Aujourd’hui, de nouvelles analyses apportent des éclairages précieux sur cet homme préhistorique exceptionnel.

25 ans après la découverte d’Ötzi
La semaine dernière, au musée de Bolzano, dans le nord de l’Italie, une réunion exceptionnelle a réuni les scientifiques qui étudient Ötzi depuis un quart de siècle. Ce berger-chasseur de 5 300 ans, retrouvé exceptionnellement bien conservé dans un glacier de la vallée de l’Ötztal, continue de nous surprendre.
Des archéologues italiens ont présenté les résultats d’études métallurgiques sur sa hache en cuivre, démontrant un haut niveau d’expertise scientifique.
Le cuivre originaire de Toscane
En analysant les isotopes du plomb dans le cuivre – une véritable empreinte digitale des gisements miniers –, les chercheurs ont identifié la source : non pas dans le Tyrol du Sud, habitat d’Ötzi, mais à des centaines de kilomètres au sud, au cœur de la Toscane.
Cette découverte soulève de fascinantes questions : Ötzi a-t-il acquis sa hache en Toscane par achat, échange ou vol ? Existait-il déjà un réseau commercial primitif à l’âge du Cuivre, bien avant l’essor de l’agriculture en Europe ? Ou indique-t-elle une migration depuis la région de Florence ?
Ces informations pourraient aussi éclaircir les circonstances de sa mort : touché mortellement par une flèche à l’épaule gauche par un agresseur inconnu.
Ötzi n’a pas forgé sa hache lui-même
Si cette réunion a posé de nouvelles énigmes, elle a aussi apporté des réponses définitives. Des traces de cuivre et d’arsenic dans ses cheveux suggéraient auparavant qu’il avait fabriqué sa hache. Mais des analyses isotopiques précises, menées par des géochimistes britanniques et présentées à Bolzano, infirment cette hypothèse : les métaux dans ses organes internes sont trop faibles pour cela.
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