Le génome de la mouche tsé-tsé (Glossina morsitans), principal vecteur de la trypanosomiase humaine africaine ou maladie du sommeil en Afrique de l'Ouest, a été décrypté après dix ans de recherches intensives.

Plus de 140 scientifiques internationaux ont collaboré pour séquencer ce génome complexe. Responsable de la transmission du parasite Trypanosoma brucei gambiense, la mouche tsé-tsé infecte les humains via sa piqûre. Cette avancée majeure, publiée dans la revue prestigieuse Science, ouvre des perspectives pour développer de nouvelles stratégies de lutte contre cette "peste tsé-tsé" en identifiant les protéines clés de l'insecte.
Le séquençage a été particulièrement ardu : la mouche tsé-tsé, légèrement plus grande que la mouche domestique, possède un génome compact de seulement 366 millions de paires de bases (un dixième du génome humain). De plus, les femelles produisent peu de descendants, limitant la quantité d'ADN disponible.
Une maladie mortelle
La trypanosomiase humaine africaine provoque fièvre intense et maux de tête, puis, des années plus tard, des troubles neurologiques comme des crises d'épilepsie une fois le parasite au cerveau. Sans traitement, elle est fatale à 100 %. Les médicaments existants sont coûteux, toxiques et difficiles à déployer dans les zones rurales d'Afrique. (adw)