Les bactéries servent d'usines microscopiques dans de nombreuses industries pour produire des substances essentielles. Des scientifiques ont développé une méthode innovante pour multiplier exponentiellement cette production.

L'utilisation de bactéries pour fabriquer des composés utiles n'est pas nouvelle. L'insuline, par exemple, est produite depuis des décennies dans des micro-organismes génétiquement modifiés.
Récemment, les chercheurs ont visé des molécules plus complexes, comme les biocarburants ou des précurseurs pharmaceutiques. Cependant, la productivité de ces "usines vivantes" restait limitée.
Des biologistes américains ont révolutionné cela en insérant des gènes étrangers, issus de cellules de levure, dans la bactérie E. coli. L'objectif : booster la production d'acide gluconique, un composé naturel présent dans le miel et le vin, largement utilisé en cosmétique et agroalimentaire.
Au départ, les résultats étaient modestes. L'idée géniale est alors venue : bloquer une partie du métabolisme bactérien pour minimiser la consommation de glucose à des fins énergétiques. Ils ont ainsi créé un interrupteur génétique qui désactive la voie métabolique normale, ne laissant active que celle de la production d'acide gluconique.
Le succès est au rendez-vous : tout le glucose est désormais canalisé vers la synthèse de l'acide gluconique. Les chercheurs ont validé leur technique sur une autre molécule précieuse, l'acide shikimique, précurseur de l'oseltamivir (Tamiflu®), antiviral clé contre la grippe.