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Pourquoi préférons-nous parfois sauver un robot plutôt qu'un groupe d'humains ?

Plus un robot ressemble à un humain, plus il nous est difficile de le sacrifier au profit de vies humaines, dans certaines situations.

Si nous pensons qu'un robot éprouve des émotions ou des pensées, nous sommes enclins à le sauver, même au détriment de vies humaines. C'est ce que révèle une étude menée par Sari Nijssen, spécialiste du comportement à l'Université Radboud de Nimègue.

Les robots occupent une place croissante dans notre société. Par exemple, des soldats américains organisent parfois des funérailles pour des robots ayant désamorcé des explosifs en zone de guerre. L'équipe de recherche s'est donc interrogée sur les règles morales appliquées face aux robots.

Pour explorer cela, 55 participants ont été confrontés à des dilemmes moraux : un groupe d'ordinaire personnes était en péril. Ils pouvaient le sauver en sacrifiant un individu : humain, robot-machine ou robot humanoïde. Environ la moitié a reçu une histoire humanisante sur l'individu (émotions, pensées, expériences, intentions), l'autre une description neutre.

Les participants sacrifiaient le moins un humain. Le robot-machine était le plus souvent choisi pour le sacrifice.

Cependant, après une histoire humanisante, ils hésitaient davantage à sacrifier les robots, quel que soit leur type, comparé à une description neutre.

Ces résultats indiquent que l'attribution de qualités humaines aux robots nous rend moins enclins à les sacrifier pour un groupe. Les chercheurs, publiés dans Social Cognition (2020), soulèvent un nouveau dilemme : est-il moral de confier des robots "sensibles" à des tâches dangereuses comme le désamorçage d'explosifs ? Des études futures sont nécessaires.

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