Laisser les carcasses animales en forêt profite énormément à la biodiversité, comme le démontre un projet pilote dans la Forêt de Soignes.

Il y a vingt ans, les arbres abattus et morts étaient systématiquement retirés des forêts. Aujourd'hui, la gestion forestière privilégie le maintien du bois mort, qui attire pics, champignons et coléoptères. Les animaux morts dans les réserves naturelles offrent également un habitat et des nutriments à de nombreux insectes et organismes. Un cadavre regorge de sucres, graisses et protéines, qui deviennent disponibles pour la chaîne alimentaire. Il sert de résidence temporaire à une multitude d'invertébrés. C'est pourquoi, depuis plusieurs années, cerfs, renards et sangliers morts sont laissés en décomposition dans la Forêt de Soignes, au bénéfice des charognards.
On ne croise pas couramment de carcasses lors d'une promenade – bien qu'un sentier dédié existe pour les amateurs. Le garde forestier Dirk Raes déplace les cadavres vers des zones inaccessibles, et lui seul en connaît les emplacements précis.
Cette pratique est en place depuis juin 2008, avec le lancement de l'initiative « La mort donne la vie » par l'Agence de la Nature et des Forêts (ANB). Un partenaire inattendu est l'Institut national de criminalistique et de criminologie (NICC), expert en entomologie médico-légale pour déterminer l'heure de la mort via les insectes sur les cadavres.
Ce projet pionnier sensibilise le public à l'utilité écologique des carcasses. La majorité des scientifiques s'accordent sur leurs bienfaits pour un écosystème complet et stable, où les mécanismes de régulation naturels, incluant la décomposition, assurent l'équilibre.


