Pourquoi les queues de paon, les bois ou les cornes particulièrement encombrantes n'ont-elles pas été éliminées par l'évolution ?

Les caractères sexuels extravagants, comme les queues de paon, les bois ou les cornes, attirent l'attention des femelles, mais posent souvent de graves problèmes à leur porteur. Pourquoi l'évolution ne les a-t-elle pas supprimés ?
Charles Darwin a introduit le concept de sélection sexuelle dans sa théorie de l'évolution, en complément de la sélection naturelle. Les mâles rivalisent farouchement pour féconder les femelles, qui privilégient souvent les plus spectaculaires. Cette compétition aboutit à des traits extrêmes chez de nombreuses espèces, tels que la queue du paon ou les bois du cerf élaphe.
Ces caractéristiques peuvent pourtant compromettre la survie et la reproduction des mâles. Les cerfs s'entre-tuent parfois avec leurs bois ou s'emmêlent dans la végétation. Chez certains oiseaux, les queues surdimensionnées entravent le vol, comme chez le paon. De plus, développer ces traits exige une énorme dépense d'énergie, au détriment d'autres fonctions vitales.
Des biologistes américains viennent de proposer une explication grâce à un modèle mathématique intégrant sélection naturelle (environnement et prédateurs) et sélection sexuelle (choix des partenaires). Ce modèle révèle un équilibre évolutif : deux 'sous-populations' émergent distinctement – les 'machos' aux traits prononcés et les 'doux' aux traits discrets. Aucune zone intermédiaire n'existe.
Les traits ostentatoires des 'machos' signalent une santé robuste, une 'publicité honnête'. Les 'doux' sont indispensables : sans eux, les 'machos' ne se distingueraient pas auprès des femelles, selon ce modèle.