Le commerce illégal de cornes de rhinocéros a explosé ces dernières décennies, principalement en raison de la demande en Chine et en Asie du Sud-Est. Une base de données ADN permet désormais de démasquer les braconniers avec des preuves irréfutables.

En Afrique du Sud, depuis une dizaine d'années, des échantillons génétiques sont prélevés sur des rhinocéros sauvages (noirs et blancs) et stockés dans la base de données Rhino DNA Index System (Rhodis).
L'objectif est de fournir des preuves incontestables lors de l'arrestation de braconniers ou de trafiquants présumés. En 2010, pour la première fois, un braconnier vietnamien a été condamné à dix ans de prison après avoir été intercepté à l'aéroport avec des cornes de rhinocéros.

De nombreux braconniers et intermédiaires proviennent d'Asie, où la demande est forte pour des cornes entières (comme curiosités) ou de la poudre issue de cornes broyées, réputée – à tort – pour ses vertus médicinales. Cela a entraîné une chasse intensive ces dix dernières années.
Les chiffres sont éloquents : en Afrique du Sud, les incidents sont passés de 13 en 2007 à 1 215 en 2014. Au total, environ 7 000 rhinocéros ont été tués en Afrique sur la même période.
Pour évaluer l'efficacité de Rhodis, des biologistes ont analysé des échantillons de plus de 3 000 rhinocéros blancs et 800 rhinocéros noirs. Ils ont obtenu une correspondance unique pour chaque individu, même avec des tissus traités ou pulvérisés, en utilisant seulement 23 courtes répétitions en tandem (STR), marqueurs génétiques standards.
Cette étude démontre la fiabilité de la base de données ADN, rendant ses preuves recevables devant les tribunaux.