Le jeudi, le Service postal des États-Unis (USPS) a annoncé une première commande de 50 000 nouveaux véhicules de livraison, pour un coût d'environ 3 milliards de dollars. Contrairement à sa position initiale, l'agence prévoit que 20 % de ces véhicules seront électriques, contre 10 % précédemment annoncés.
Plus précisément, l'USPS a indiqué le 24 mars que 10 019 de ses itinéraires sont adaptés aux véhicules électriques, justifiant ainsi un minimum de 20 % de sa commande de 50 000 unités. Cependant, les experts en énergie et environnement considèrent que cette électrification limitée à 20 % représente une occasion manquée, tant sur le plan financier qu'environnemental.
"Quatre-vingts pour cent de ces véhicules sont à moteur à combustion interne, et ils rouleront plus de 20 ans", déclare Patricio Portillo, avocat principal au Natural Resources Defense Council. "C'est regrettable qu'ils résistent à cette technologie prouvée, qui permet des économies substantielles tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et la pollution locale."
L'USPS invoque des contraintes financières pour limiter les véhicules électriques. "Cette commande confirme notre engagement pour intégrer les VE dans notre flotte, malgré un coût initial plus élevé", a déclaré le Postmaster General Louis DeJoy dans le communiqué.
Un rapport d'Atlas Public Policy, publié en août dernier, montre que 97 % de la flotte pourrait être électrifiée, générant des milliards d'économies sur le coût total de possession. "Les VE coûtent plus cher à l'achat, mais les économies de carburant et d'entretien les rendent rentables rapidement", explique James Di Filippo, analyste principal et auteur principal du rapport.
Le passage à 20 % au lieu de 10 % est un progrès, selon Di Filippo, mais l'opportunité d'une électrification plus massive reste sous-exploitée.

La controverse s'est intensifiée avec la déclaration d'impact environnemental finale de décembre, optant pour 10 % de VE, critiquée par de nombreux acteurs. En février, 19 sénateurs ont adressé une lettre à Louis DeJoy et Roman Martinez IV, dénonçant une flotte trop dépendante des combustibles fossiles. L'EPA a qualifié le rapport d'"sérieusement déficient", et le Bureau de l'inspecteur général de l'USPS a souligné les économies potentielles à long terme.
Les nouveaux véhicules intègrent des améliorations majeures : climatisation, confort et sécurité accrus.
L'USPS pourrait acquérir jusqu'à 165 000 unités pour renouveler sa flotte de 217 000 véhicules. "C'est une opportunité majeure pour l'USPS et le pays", conclut Portillo. "Ces véhicules circuleront dans tous les quartiers pour des générations ; il faut viser l'excellence."