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Isolement prolongé, stress et activité cérébrale : leçons de l'étude Mars500 pour les missions spatiales

L'isolement prolongé impacte sérieusement les performances mentales et physiques. De juin 2010 à novembre 2011, l'étude Mars500 a simulé un voyage vers Mars avec un confinement de 520 jours impliquant 6 sujets.

Les mesures EEG ont révélé une diminution globale des ondes alpha (vigilance) et bêta (concentration) pendant l'isolement, avec un retour à la normale post-confinement (Fig. 3). Inversement, les niveaux de cortisol, hormone du stress, ont augmenté durant cette période et se sont normalisés ensuite.

Concernant l'effet du mouvement, la Fig. 4 illustre l'activité cérébrale avant ("pré", ligne continue) et après ("post", ligne pointillée) l'exercice.

Figure 4 : Effet positif du mouvement sur l'activité cérébrale (puissance globale alpha et bêta), ramenant les niveaux à ceux d'avant l'isolement. (Source : Jakubowski et al., 2015)

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Ces résultats indiquent une réduction de l'activité cérébrale due à un environnement monotone et une routine limitée, réversible par l'exercice physique et à la fin de l'isolement. Aucune altération structurelle cérébrale n'est probable, bien que des études IRM soient nécessaires pour confirmation.

Préaliminaires mais précieux, ces findings guident la planification des missions spatiales en priorisant l'exercice. Ils soulignent aussi, sur Terre, les bienfaits de l'activité physique contre le stress.

Et si vous alliez vous promener ce soir ?

Photo : EEG, méthode non invasive pour mesurer l'activité cérébrale, utilisable en espace (ex. astronaute André Kuipers sur l'ISS). (Source : Agence spatiale européenne)

L'EEG, via capteurs sur le scalp, enregistre les ondes cérébrales reflétant l'état mental. Le cortisol salivaire a été dosé avant, tous les 60 jours et après l'expérience (Fig. 2).

Graphique : Diminution de la puissance globale alpha (GPF) pendant l'isolement (gris), retour à la normale post-isolement. Même tendance pour bêta. (Source : Jakubowski et al., 2015)

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