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Résistance aux antibiotiques au Cambodge : un équilibre délicat pour sauver des vies

Les bactéries résistantes peuvent être vaincues par des antibiotiques puissants à large spectre. Cependant, un usage excessif favorise paradoxalement leur développement.

Résistance aux antibiotiques au Cambodge : un équilibre délicat pour sauver des vies

Les bactéries résistantes peuvent être vaincues par des antibiotiques puissants à large spectre. Cependant, un usage excessif favorise paradoxalement leur développement.

La résistance aux antibiotiques complique et renchérit le traitement des infections bactériennes. Un traitement adapté doit donc anticiper les résistances des pathogènes. Dans les pays à faibles ressources, les laboratoires performants font défaut, limitant la connaissance des infections locales et de leurs profils de résistance. Pourtant, ces données sont cruciales pour guider les médecins vers l'antibiotique optimal.

"Traiter les infections résistantes, c'est accélérer et freiner au bon moment", explique Erika Vlieghe, de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers. Spécialiste des infections bactériennes invasives comme Escherichia coli et Salmonella, elle a cartographié leurs schémas de résistance au Cambodge ces cinq dernières années. "Les pays pauvres doivent disposer d'antibiotiques puissants, mais il faut apprendre à les utiliser judicieusement pour éviter l'aggravation. Médicaments, protocoles et formation sont essentiels", ajoute-t-elle.

Sur dix ans, l'Institut a soutenu la création d'un laboratoire performant au Sihanouk Hospital Center of Hope, à Phnom Penh. Sur 5 714 échantillons sanguins prélevés chez 4 833 patients, 445 (8,8 %) ont révélé des pathogènes, dont plus de la moitié des Escherichia coli résistants à presque tous les antibiotiques disponibles localement.

Les analyses systématiques ont aussi identifié Burkholderia pseudomallei, agent rare de la méloïdose au Cambodge – une infection grave formant des abcès pulmonaires, cutanés ou viscéraux, avec résistance innée aux antibiotiques courants. "Des diagnostics rapides et des traitements adaptés sauvent des vies. C'est pourquoi la recherche est vitale", conclut Vlieghe. (ev)

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