La vitesse de vieillissement de nos cellules et le risque de cancer peuvent être évalués grâce à deux horloges moléculaires présentes dans presque toutes les cellules humaines.

Deux horloges à mutations, omniprésentes dans nos cellules, déterminent le rythme du vieillissement et le développement potentiel du cancer.
Dans nos cellules, des mutations s'accumulent progressivement dans l'ADN. Certaines peuvent endommager le génome et favoriser l'apparition d'un cancer.
Ces mutations proviennent de divers facteurs : un coup de soleil peut en générer une explosion soudaine, tandis que d'autres s'accumulent tout au long de la vie. Des chercheurs américains les comparent au tic-tac d'une horloge, comme rapporté dans Nature Genetics.
Michael Stratton et son équipe du Wellcome Trust Sanger Institute à Cambridge ont identifié deux horloges mutationnelles actives dans la quasi-totalité des cellules corporelles. Leur vitesse varie selon les tissus.
En analysant les séquences d'ADN de plus de 10 000 cancers, ils ont détecté des schémas mutationnels spécifiques, dites "signatures génomiques".
Sur plus de trente signatures, deux se distinguent par leur comportement horloger constant. Indépendantes, elles résultent probablement de mécanismes biologiques distincts : l'une liée aux divisions cellulaires (horloge mitotique), l'autre aux processus de réparation de l'ADN.
Ces horloges continuent de tourner lors de la transformation cancéreuse, offrant un indice sur son évolution. Elles pourraient même permettre de prédire un cancer avant son apparition.
Selon Stratton, ces découvertes éclairent le vieillissement cellulaire et ouvrent des perspectives pour moduler le développement tumoral. (ed)