Les chercheurs ont examiné le rôle de l'évolution génétique humaine dans le développement du surpoids et de l'obésité. Lorsque nous consommons des aliments riches en glucides, comme le pain, le riz, les pâtes ou le sucre de betterave, ils sont rapidement décomposés en glucose, un composant essentiel du sucre sanguin. Le glucose alimente en énergie le cerveau et les autres tissus corporels. Cependant, un excès de glucose est néfaste. L'hormone insuline régule cela en empêchant une accumulation excessive dans le sang : elle ouvre les cellules pour permettre au glucose de passer du sang vers les cellules. Si l'insuline est défaillante, le diabète se développe, laissant trop de glucose circuler.
Chez l'humain, une protéine nommée CHC22 joue un rôle clé dans cette régulation du glucose. Après analyse du code génétique de cette protéine, les scientifiques estiment que les humains primitifs ont augmenté leur consommation de glucides avec l'avènement de l'agriculture. Cette hausse rapide de glucose sanguin a favorisé l'apparition d'une variante de CHC22, capable de réguler le métabolisme glucidique plus efficacement que la version ancestrale. Cette protéine modifiée protège contre les hyperglycémies, réduisant ainsi les risques d'obésité et de diabète. Environ la moitié de la population mondiale porte cette variante.
« L'hypothèse des scientifiques n'explique pas pourquoi le surpoids et l'obésité ont explosé depuis les années 1980. »
Les chercheurs avancent une hypothèse génétique pour expliquer les différences de prise de poids. Selon eux, la variante de CHC22 déterminerait pourquoi certains grossissent plus vite que d'autres. Néanmoins, cette théorie ne rend pas compte de l'explosion récente du surpoids et de l'obésité depuis les années 1980.
Un autre argument contre est temporel : si une variation génétique ancienne influençait vraiment le traitement du glucose, le surpoids serait prévalent depuis des millénaires.
Selon l'hypothèse, les personnes en surpoids ou obèses auraient davantage la protéine ancestrale que les personnes minces. Cela reste à vérifier scientifiquement.
Une étude britannique propose une hypothèse génétique expliquant la prévalence du surpoids et de l'obésité : tout dépendrait de l'efficacité de transformation des sucres alimentaires. Plus elle est rapide, plus le risque est faible. Cependant, cette piste manque pour l'instant de preuves concrètes.